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SECRET PARISIEN

Paris, le jeudi 10 septembre 2026

8e Arrt
placede la Concorde
Mobilier urbain

Les réverbères de Paris, du bec de gaz aux chérubins d’or

Candélabre du pont Alexandre III, chérubins de bronze portant les lanternes, Grand Palais en fond
Делфина, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

On surnomme Paris la Ville Lumière, et le compliment se mérite depuis deux siècles : les réverbères de Paris forment la plus belle collection de luminaires du monde, du modeste bec de gaz au candélabre à chérubins. Le gaz s’y essaie dès 1817 sous les verrières du passage des Panoramas, l’électricité y paraît en fanfare avenue de l’Opéra en 1878, et les fontes du XIXe siècle tiennent toujours la nuit, lanternes hautes.

Une histoire : allumer la capitale

Longtemps, Paris s’éclaira à la lanterne à huile, hissée à la corde par les fameux allumeurs. Le gaz change l’échelle : après les essais du passage des Panoramas, menés par le pionnier Frédéric Winsor, becs et candélabres colonisent boulevards et places sous la Restauration puis le Second Empire. Chaque soir, une armée d’allumeurs de réverbères parcourt la ville, perche à la main : le métier nourrira poètes et chansons jusqu’à l’électrification.

Le sommet du genre revient à Jacques Ignace Hittorff, qui dessine pour la place de la Concorde des candélabres et colonnes rostrales à la mesure de l’Obélisque : leurs lanternes brûlèrent le gaz jusqu’en 1946 avant de passer à l’électricité. En 1900, le pont Alexandre III surenchérit : des candélabres portés par des chérubins de bronze, si beaux qu’on les prendrait pour des sculptures ayant appris un métier.

Ce qu’il faut regarder

  • Place de la Concorde, les fûts d’Hittorff : proues de navires et dorures au pied de l’Obélisque.
  • Sur le pont Alexandre III, les chérubins porteurs de lanternes, Grand Palais en toile de fond.
  • Dans le Marais ou à Montmartre, les consoles murales à potence, becs de gaz assagis.
  • À la nuit tombée, la couleur : le sodium a cédé la place à un blanc doux qui flatte la pierre.

Où admirer les réverbères de Paris aujourd’hui

Le grand parcours va de la place de la Concorde au pont Alexandre III, puis remonte l’avenue des Champs-Élysées jusqu’aux contre-allées. Les ruelles de la Butte-aux-Cailles et de Montmartre gardent, elles, l’échelle intime du bec de gaz : c’est là que la nuit parisienne ressemble encore à une photographie de Brassaï.

Le saviez-vous ?

L’expression faire le poteau de réverbère appartient à l’argot des titis, et le dernier allumeur parisien éteignit sa perche au XXe siècle sans cérémonie. Quant au passage des Panoramas, il fut donc éclairé au gaz avant même les palais royaux : à Paris, la modernité entre toujours par les passages.

Où le gaz a-t-il été essayé pour la première fois à Paris ?

Au passage des Panoramas, dès 1817, sous l’impulsion du pionnier Frédéric Winsor : les galeries marchandes servirent de laboratoire à l’éclairage public avant les grands boulevards.

Qui a dessiné les candélabres de la place de la Concorde ?

L’architecte Jacques Ignace Hittorff, dans le grand réaménagement de la place autour de l’Obélisque : ses lanternes fonctionnèrent au gaz jusqu’en 1946 avant l’électrification.

Reste-t-il de vrais becs de gaz en service ?

L’éclairage public parisien est électrique, mais des centaines de fûts et consoles du XIXe siècle demeurent en service, restaurés : la flamme a changé, le mobilier est d’origine.

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