Un triangle de pelouses et de grands arbres entre la Muette et la porte de Passy, sans une grille autour : le jardin du Ranelagh est le jardin de quartier par excellence du 16e arrondissement, avec ses bancs, son guignol et ses manèges. Son nom anglais n’a rien d’un caprice. Il vient d’un bal public ouvert en 1774, au temps où Paris copiait les divertissements de Londres.
Où se trouve le jardin du Ranelagh ? Repères sur le plan de Paris
Le jardin s’étend entre la chaussée de la Muette, l’avenue Ingres, l’avenue Prudhon et l’avenue Raphaël, dans le 16e. L’entrée retenue par la Ville est au 1, avenue Prudhon. Métro 9 à La Muette ou à Ranelagh, à trois cents mètres environ ; RER C à Boulainvilliers ; bus 32 et 70 à l’arrêt Avenue Ingres. À deux pas, passé la porte de la Muette, commence le bois de Boulogne.
Au bord du jardin, rue Louis-Boilly, le musée Marmottan Monet prolonge la promenade à l’intérieur : la visite du matin, les pelouses de l’après-midi.
Une histoire : du bal à la mode au jardin du Ranelagh
En 1774, un Français ouvre à l’ouest de Paris un bal public qu’il baptise Ranelagh, à l’imitation d’un établissement à la mode à Londres. Le jardin actuel naît bien plus tard, sous le Second Empire : en 1860, sous le préfet Haussmann, les terrains deviennent un parc public, et les avenues qui le bordent sont ouvertes sur des terrains détachés du bois de Boulogne. La nomenclature des voies le rappelle : Raphaël en 1864, Prudhon en 1865, dans un quartier où la Ville a groupé des noms d’artistes.
En 1891, le jardin reçoit son monument le plus célèbre : un La Fontaine de bronze sculpté par Jean Dumilâtre, 3 610 kilos de métal posés sur un socle de l’architecte Frantz Jourdain. Le fabuliste y était entouré d’un véritable bestiaire, le corbeau et le renard, mais aussi le lion, les deux pigeons, des alouettes, une renommée et un amour. Le bronze part au creuset sous l’Occupation. Seuls le socle et le souvenir restent, jusqu’à ce que Charles Correia sculpte un nouveau La Fontaine, en place depuis 1984, le corbeau et le renard à ses pieds.
Le jardin continue d’enregistrer l’air du temps par ses plaques : l’allée Pilâtre-de-Rozier en 1931, l’allée Jean-Sablon en 2003, une allée pour la chanteuse Davia en 2011, une autre pour la féministe Avril de Sainte-Croix en 2015. En octobre 2025, l’avenue du Ranelagh qui le traverse a elle-même changé de nom : elle s’appelle désormais avenue Marie-Bonaparte, en hommage à la psychanalyste.
Ce qu’il faut voir au jardin du Ranelagh
- Le monument à La Fontaine de Charles Correia, sur l’ancien socle de Frantz Jourdain.
- Le noyer du Caucase, arbre remarquable de vingt-huit mètres de haut et de 4,65 mètres de circonférence.
- Les micocouliers de Provence, féviers d’Amérique, noisetiers de Byzance et marronniers d’Inde qui font l’ombre des pelouses.
- Le théâtre de Guignol, côté avenue Ingres, et les manèges aux chevaux de bois.
- Le kiosque à musique, qui s’anime aux beaux jours comme tous les kiosques à musique des squares parisiens.
- Le jardin partagé tenu par l’association Les Jardins de Camille.
Modalités et infos pratiques
Le jardin est ouvert jour et nuit, tous les jours, et gratuit : il fait partie des rares jardins parisiens sans clôture. Le guignol joue le mercredi, le dimanche et les jours fériés, de mars à novembre. Les six hectares se parcourent sans hâte en une demi-heure ; les pelouses, elles, se méritent au premier soleil, quand le quartier sort les poussettes et les ballons.
Le jardin n’est pas protégé au titre des monuments historiques, mais il est compris dans le site inscrit « Ensemble urbain à Paris » depuis 1975, et porte le label Écojardin. Ses grands arbres font le reste.
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L’allée Pilâtre-de-Rozier rappelle un voisinage illustre. Le 21 novembre 1783, Jean-François Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlandes s’élèvent en montgolfière depuis les jardins du château de la Muette, tout proche, pour le premier voyage aérien de l’histoire accompli par des hommes. Le château royal a disparu, le quartier a gardé le nom, et le jardin celui de l’aéronaute.
Oui : dépourvu de grilles, il est ouvert jour et nuit, tous les jours, et son accès est gratuit. Le guignol, lui, ne joue que le mercredi, le dimanche et les jours fériés, de mars à novembre.
D’un bal public, le Ranelagh, ouvert en 1774 à l’imitation d’un établissement londonien à la mode. Le jardin public aménagé en 1860 en a gardé le nom.
L’actuelle est de Charles Correia, en place depuis 1984. Elle remplace le bronze de Jean Dumilâtre, érigé en 1891 et fondu sous l’Occupation, dont elle a gardé le socle dessiné par l’architecte Frantz Jourdain.
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