On y monte pour la vue, on y reste pour l’histoire. Le parc de Belleville grimpe le flanc de la colline entre la rue des Couronnes et la rue Piat, là où les moines faisaient du vin et où les Parisiens venaient boire à la guinguette. Ouvert en 1988 sur les terrains d’un quartier démoli, il a gardé une vigne, un escalier et le souvenir d’une rue que Georges Perec a décrite jusqu’à sa disparition.
Où se trouve le parc de Belleville ? Repères sur le plan de Paris
Entrée principale au 47, rue des Couronnes, dans le 20e arrondissement ; on peut aussi entrer par le haut, rue Piat, ou par les rues Julien-Lacroix et Jouye-Rouve. Métro 2 à Couronnes ou Ménilmontant, métro 11 à Pyrénées, bus 20, 71 et 96. En sortant par le bas, la rue de Belleville et ses cafés sont à deux pas, à commencer par Aux Folies.
Une histoire : la colline des vignes devenue parc de Belleville
Dès l’époque carolingienne, la colline, alors appelée Savies, porte des vignes. Au XIIIe siècle, les moines de la ferme de Savies exploitent une quinzaine d’hectares de vignoble sur le versant qui deviendra le parc. On y fait de la piquette, un vin jeune et légèrement pétillant qui n’avait pas encore mauvaise réputation, et du guinguet : la Ville rattache à ce mot celui de guinguette. Au XVIIIe siècle, le cabaretier Ramponeau sert la piquette de Belleville dans son établissement Au Tambour Royal, et la descente de la Courtille, le dernier jour du carnaval, fait descendre tout Paris par ces rues.
Les vignes reculent au début du XIXe siècle, remplacées par des champs de fleurs ; en 1860, quand Belleville est annexée à Paris, elles ont disparu. Le quartier se couvre de maisons basses et de carrières de gypse. La rue Vilin, ouverte en 1846, monte alors de la rue des Couronnes à la rue Piat, qu’elle rejoint par un escalier. Georges Perec y vit enfant, au 24, de 1936 à 1942 ; Albert Lamorisse y tourne des scènes du Ballon rouge en 1956 ; l’écrivain revient la photographier et la décrire de 1969 à 1975, alors que la rue déclarée insalubre est en cours de démolition.
Le parc naît de ces démolitions. Dessiné par l’architecte François Debulois avec les paysagistes de la coopérative API, Paul Brichet et Michel Viollet, il est inauguré en 1988. Ses deux grands cheminements suivent le tracé du passage Julien-Lacroix, dont l’escalier a été conservé, et celui de la rue Vilin. En 1992, la Ville replante une vigne : 190 pieds de pinot meunier et de chardonnay sur deux cent cinquante mètres carrés.
Ce qu’il faut voir au parc de Belleville
- Le belvédère Willy-Ronis, nommé en 2015 en hommage au photographe, et sa vue sur Paris.
- La cascade qui dévale la pente sur plus de cent mètres, de bassin en bassin.
- La vigne replantée en 1992, vendangée chaque automne.
- L’escalier du passage Julien-Lacroix, conservé dans le dessin du parc.
- Le parcours-expo « En remontant la rue Vilin », dix-huit panneaux de photographies, de textes et de citations.
- Les quelque 1 200 arbres et arbustes du parc, sophoras, tilleuls et catalpas en tête.
Modalités et infos pratiques
L’entrée est gratuite. Le parc ouvre tôt, à 7 ou 8 heures selon le jour et la saison, et ferme à 20 h 30 en septembre, à 19 h 30 en octobre ; les animaux n’y sont pas admis. La montée se fait par escaliers et rampes, la descente par la cascade : compter une demi-heure pour traverser, davantage si l’on s’assoit au belvédère.
À quelques centaines de mètres à l’est, rue des Cascades, les regards des Eaux de Belleville, classés monuments historiques en 2006, rappellent que la colline alimentait Paris en eau de source. Et pour la vigne, Belleville n’est pas seule : celle du parc de Bercy se vendange aussi chaque année.
Le saviez-vous ? Le parc n’est pas à 108 mètres
On lit partout que le parc culmine à 108 mètres et qu’il est le plus haut de Paris. Le modèle numérique de terrain de l’Institut géographique national donne plutôt 90 à 92 mètres en haut du parc, vers la rue Piat, contre 64 mètres à l’entrée de la rue des Couronnes, soit un dénivelé d’environ vingt-cinq mètres. Le vrai sommet de la colline est plus haut et plus à l’est, vers la rue du Télégraphe, à plus de 126 mètres.
Quant au vin, il ne se vend pas. Les bouteilles tirées de la vigne du parc se dégustent une fois l’an, à la fête de la Vigne et du raisin, le premier dimanche d’octobre : c’est la dernière descente de la Courtille, en beaucoup plus sage.
Du belvédère Willy-Ronis, au sommet du parc, la vue porte sur tout le sud-ouest de Paris, de la tour Montparnasse à la tour Eiffel, par-dessus les toits du 20e et du 11e arrondissement.
Seulement une fois par an. La vigne replantée en 1992, 190 pieds de pinot meunier et de chardonnay, donne un vin qui n’est pas vendu : il se déguste à la fête de la Vigne et du raisin, le premier dimanche d’octobre.
Il a été inauguré en 1988, sur des terrains libérés par la démolition d’une partie du vieux quartier, dont la rue Vilin où Georges Perec a passé son enfance.
Le carnet continue
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