Le square Louise-Michel
6 place Saint-Pierre, 75018 Paris
Tout le monde le traverse, personne ne le regarde. Le square Louise-Michel est ce jardin en terrasses que l’on monte quatre à quatre pour atteindre le Sacré-Cœur, et qui contient pourtant deux fontaines remarquables, six arbres classés et l’un des plus vieux platanes de Paris. Deux hectares et demi bâtis sur d’anciennes carrières de gypse, classés monuments historiques depuis 2022.
Où se trouve le square Louise-Michel ? Repères sur le plan de Paris
Au pied de la butte Montmartre, dans le 18e arrondissement, entre la place Saint-Pierre en bas et la rue du Cardinal-Dubois en haut. L’entrée principale est au 6, place Saint-Pierre. Métro 2 à Anvers, métro 12 à Abbesses, bus 40 et 54 ; le funiculaire de Montmartre longe tout le flanc ouest du jardin.
En haut, le Sacré-Cœur ; en bas, la halle Saint-Pierre et ses expositions d’art brut, à cinquante mètres de la grille. De l’autre côté de la Butte, le musée de Montmartre et ses jardins Renoir complètent la promenade.
Une histoire : du square Saint-Pierre au square Louise-Michel
Sous le jardin, il y a le vide. La butte a été creusée pendant des siècles pour son gypse, qui donnait le plâtre des immeubles parisiens, et c’est sur ces anciennes carrières que la Ville tente d’installer un square. Le premier, modeste, ouvre le 3 avril 1877 sous le nom de square Saint-Pierre. Les terrains glissent. Alphand reprend les travaux à partir de 1889, Jean-Camille Formigé et l’architecte-paysagiste Léopold Bévière dessinent dans les années 1920 les escaliers, les terrasses et les rampes en fer à cheval que l’on gravit aujourd’hui.
Entre le premier projet et l’achèvement, il s’est passé plus de cinquante ans : fragilité des sols, chantier de la basilique, changements d’architectes. Les données de la Ville donnent 1927 comme date d’ouverture, sa fiche officielle parle d’un jardin finalisé en 1932. Le nom de square Willette, lui, n’arrive qu’avec l’arrêté préfectoral du 23 janvier 1930, et non en 1927 comme on le lit souvent.
Le square change de nom en 2004. Le Conseil de Paris veut honorer la mémoire de la Commune et cesser de célébrer le dessinateur Adolphe Willette, qui s’était présenté aux législatives de 1889 comme candidat antisémite. En mars 2021, pour les cent cinquante ans de la Commune, une allée de l’Île-des-Pins est créée dans le jardin, avec une plaque et un araucaria du souvenir, en mémoire des communards déportés en Nouvelle-Calédonie.
Ce qu’il faut voir au square Louise-Michel
- La fontaine monumentale de Paul Gasq, 1932, sous la terrasse supérieure : trois niches voûtées en cul-de-four, goulottes, vasques à Tritons et naïades, et un grand bassin.
- La fontaine dite des Innocents d’Émile Derré, 1906, une mère et ses enfants en pierre et bronze, avec sa maxime gravée, « Mieux vaut de ris que de larmes escrire ».
- Le platane d’Orient de la place Saint-Pierre, vingt-huit mètres et plus de cinq mètres de tour, planté en 1857, soit vingt ans avant le square lui-même.
- Les trois ptérocaryers du Caucase classés remarquables, plantés en 1899 et 1900 sur les talus.
- L’oranger des Osages du talus Ronsard, planté en 1922, et le grenadier commun du talus aux Amoureux, planté en 1952, tous deux rares à Paris.
- L’allée de l’Île-des-Pins, qui part de la rue Muller et longe la rue Ronsard, avec sa plaque et son araucaria.
Modalités et infos pratiques
Entrée gratuite. Le square ouvre à 8 heures en semaine, à 9 heures le samedi et le dimanche, et ferme à 20 h 30 en septembre, à 19 h 30 en octobre ; il fait partie des jardins qui profitent d’une ouverture nocturne l’été. Manèges, points d’eau potable et défibrillateur ; pas de toilettes, animaux non admis. Label Ecojardin.
Deux réserves au 15 septembre 2026 : une partie du square est fermée pour raisons de sécurité, et l’aire de jeux est indisponible en attendant la nouvelle. Aucun calendrier de réouverture n’est publié. La partie est, côté rue Ronsard, reste la plus belle et la moins fréquentée : talus, enrochements et bosquets, loin de la file des escaliers.
Le saviez-vous ? Louise Michel n’a pas été déportée à l’île des Pins
La fiche municipale du square écrit qu’elle fut exilée en Nouvelle-Calédonie, « précisément à l’île des Pins ». C’est inexact. Condamnée à la déportation en enceinte fortifiée, elle fut détenue à partir de décembre 1873 à la presqu’île Ducos, transférée à la baie de l’Ouest en mai 1875, puis installée à Nouméa. L’allée du square honore l’ensemble des communards déportés dans cette île, pas son propre lieu de détention.
Autre idée reçue, le manège du bas des escaliers. Son panneau le donne pour ancien : c’est un carrousel contemporain de fabrication italienne, exécuté dans le goût du XVIIIe siècle. Le vrai vétéran du lieu est végétal, c’est le platane de 1857, planté quand Montmartre était encore une commune indépendante.
Square Saint-Pierre à son ouverture en 1877, puis square Willette par arrêté préfectoral du 23 janvier 1930. Il porte le nom de Louise Michel depuis 2004.
Il ferme le soir comme les autres jardins clos, à 20 h 30 en septembre et à 19 h 30 en octobre, mais il fait partie des squares parisiens qui restent ouverts tard en été.
Non, le square et ses escaliers sont gratuits. Seul le funiculaire, qui longe le flanc ouest, demande un ticket de métro.
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