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SECRET PARISIEN

Paris, le jeudi 17 septembre 2026

4e Arrt
ruedes Rosiers
Jardins 4e arrondissement

Le jardin des Rosiers – Joseph Migneret

10 rue des Rosiers, 75004 Paris

La façade classique de l'hôtel d'Albret vue depuis le jardin des Rosiers, ses ifs taillés et ses massifs
VVVCFFrance, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

On passe devant sans le voir. Le jardin des Rosiers – Joseph Migneret se cache derrière les murs de la rue, au fond d’un porche du Marais : deux mille deux cent soixante-quinze mètres carrés arrachés aux jardins privés de trois hôtels particuliers, avec une tour médiévale, un marronnier de vingt mètres et des bancs à l’ombre. C’est le plus discret des jardins du 4e arrondissement, et sans doute le plus calme.

Où se trouve le jardin des Rosiers ? Repères sur le plan de Paris

L’entrée principale est au 10, rue des Rosiers, à deux pas de la rue Pavée. Une seconde porte s’ouvre, selon les années, par la cour de l’hôtel de Coulanges, au 35-37 rue des Francs-Bourgeois : la Ville l’annonce ouverte, d’autres sources la donnent condamnée depuis 2018, mieux vaut viser la rue des Rosiers. Métro 1 à Saint-Paul, métro 7 à Pont Marie, bus 29 à l’arrêt Payenne.

Tout le quartier tient dans un rayon de dix minutes : le musée Carnavalet rue de Sévigné, le musée Picasso rue de Thorigny, et la maison de Victor Hugo à l’angle de la place des Vosges.

Une histoire : trois jardins privés devenus le jardin des Rosiers

Le terrain appartient au XIIIe siècle au prieuré de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, qui le cède en 1391 aux frères d’Estouteville : ils y font un jardin relié à leur demeure. L’hôtel change souvent de mains, jusqu’à son adjudication en 1640 à Philippe de Coulanges, de la famille de la future marquise de Sévigné. Sa forme actuelle date de 1707. La Ville de Paris l’achète en 1972 et y installe six ans plus tard la Maison de l’Europe.

Le jardin, lui, est récent. Une première partie ouvre en juillet 2007 derrière l’hôtel de Coulanges, pensée pour le repos. En 2014, la Ville réunit les anciens jardins privés des hôtels voisins, Barbes et d’Albret, et donne au tout le nom de Joseph Migneret. Les murs et les dénivelés qui séparaient les propriétés sont restés : c’est ce qui donne au jardin son allure de suite de pièces à ciel ouvert.

Joseph Migneret enseignait depuis 1920 à l’école élémentaire des Hospitalières-Saint-Gervais, rue des Hospitalières, et la dirigeait depuis 1937. Sous l’Occupation, il entre dans un réseau de faux papiers, cache ou fait cacher plusieurs de ses élèves, et Yad Vashem le reconnaît Juste parmi les Nations en 1990. Cent soixante-cinq enfants de son école ont été déportés ; aucun n’est revenu. Une plaque posée par ses anciens élèves le rappelle sur la façade.

Ce qu’il faut voir au jardin des Rosiers

  • La tour de l’enceinte de Philippe Auguste, restaurée en 2014 après l’extraction du tronc d’un ailante qui l’avait colonisée ; la Ville la donne pour l’une des soixante-dix-sept tours du mur du XIIIe siècle.
  • Le grand marronnier de vingt mètres et de trois mètres vingt de tour, planté au milieu d’une petite place de bois.
  • Le figuier, deuxième arbre du jardin par la taille, au bout du chemin sec.
  • La pelouse semi-ombragée derrière l’hôtel de Coulanges, bordée de cannes de Provence, de céanothes et d’orangers du Mexique.
  • Le jardin partagé de quarante-six mètres carrés, cultivé en espalier par les riverains depuis 2014.
  • Les façades qui font les murs du jardin, hôtel d’Albret à l’ouest, hôtels Barbes et de Coulanges au nord, et au-dessus des toits la cheminée de l’ancienne Société des Cendres.

Modalités et infos pratiques

L’entrée est gratuite. Le jardin ouvre à 8 heures en semaine, à 9 heures le week-end, et ferme à 19 heures en septembre, à 18 heures en octobre. Aire de jeux, points d’eau potable, boîte à livres, table d’échecs et de dames ; pas de toilettes, animaux non admis. Il porte le label Ecojardin et celui de Quartier d’accessibilité augmentée.

Une mise en garde figure en permanence sur la fiche municipale : le jardin ferme par vents forts ou par intempéries. La précaution est rare à Paris, et s’explique par ses vieux murs et ses grands arbres. Par temps clair, c’est en fin de matinée que la lumière tombe le mieux sur la façade de l’hôtel d’Albret.

Le saviez-vous ? La marquise n’est pas née ici

La fiche de la Ville laisse entendre que Marie de Rabutin-Chantal, future marquise de Sévigné, a vécu dans cet hôtel jusqu’à son mariage. Prudence : il existe deux hôtels de Coulanges à Paris, et la plaque officielle de sa naissance est au 1 bis, place des Vosges, où elle est née le 6 février 1626. Le lien familial est réel, l’adresse de naissance est ailleurs.

Les bases municipales, elles aussi, ont leurs retards. En septembre 2026, douze ans après le changement de nom, le jeu de données des îlots de fraîcheur de la Ville désigne encore le jardin sous son ancienne appellation, « jardin Francs-Bourgeois – Rosiers ». De quoi égarer les moteurs de recherche, et quelques promeneurs.

Où est l’entrée du jardin des Rosiers – Joseph Migneret ?

Au 10, rue des Rosiers, dans le 4e arrondissement. Une seconde entrée existe par la cour de l’hôtel de Coulanges, 35-37 rue des Francs-Bourgeois, dont l’ouverture a varié selon les années.

Qui était Joseph Migneret ?

Le directeur de l’école des Hospitalières-Saint-Gervais, toute proche, qui fabriqua de faux papiers et cacha plusieurs de ses élèves juifs sous l’Occupation. Yad Vashem l’a reconnu Juste parmi les Nations en 1990.

Peut-on voir l’enceinte de Philippe Auguste dans le jardin ?

Oui. Une tour du mur du XIIIe siècle, dégagée et restaurée lors des travaux de 2014, se dresse dans le jardin ; les vestiges de la rue des Rosiers sont classés monuments historiques depuis 1889.

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