François Truffaut, l’enfant de la Cinémathèque
François Truffaut est né le 6 février 1932 dans le 17e arrondissement de Paris et mort le 21 octobre 1984 à Neuilly-sur-Seine, à cinquante-deux ans. Entre les deux, vingt et un longs métrages, une révolution de la façon de raconter, et une ville filmée sans arrêt : les rues de Pigalle, les escaliers de Montmartre, les quais, les écoles, les chambres d’hôtel.
Une histoire : François Truffaut avant les films
L’enfance est solitaire et mal aimée, faite d’école buissonnière et de séances volées dans les salles de quartier. À quatorze ans, il fonde un ciné-club ; à seize, il connaît André Bazin, critique et père de substitution, qui le sortira de plusieurs mauvais pas. Il écrit ensuite dans les Cahiers du cinéma une critique d’une violence restée célèbre, attaquant le cinéma français de qualité et ses scénaristes.
En 1959, il passe de l’autre côté avec Les Quatre Cents Coups, présenté à Cannes, prix de la mise en scène. Le film raconte un gamin parisien qui fugue, vole une machine à écrire, et court jusqu’à la mer. C’est son enfance, filmée dans les rues où elle a eu lieu, et c’est l’acte de naissance public de la Nouvelle Vague, ce groupe de critiques passés à la réalisation avec presque rien.
Suivent Jules et Jim, La Peau douce, Baisers volés, La Nuit américaine, Le Dernier Métro. Truffaut tourne vite, aime les actrices, écrit des lettres par milliers et poursuit obstinément le même personnage, Antoine Doinel, interprété par Jean-Pierre Léaud à travers cinq films et vingt ans de vie parisienne.
Son Paris, plan par plan
- La place de Clichy et Pigalle, décors des Quatre Cents Coups, où le jeune Doinel traîne au lieu d’aller en classe.
- La Cinémathèque française, salle de la rue d’Ulm puis palais de Chaillot, où toute une génération a appris le cinéma en le regardant.
- Les bureaux des Cahiers du cinéma, où il écrivait ses articles les plus cruels.
- Le 17e et le 9e arrondissements, où il a grandi et qu’il a filmés plus souvent que tout autre quartier.
Le saviez-vous ?
Le dernier plan des Quatre Cents Coups, un arrêt sur image sur le visage de l’enfant au bord de la mer, est devenu si célèbre qu’on oublie qu’il est né d’un problème pratique : Truffaut ne savait pas comment finir. L’arrêt sur image, procédé alors rare, a réglé la question et créé l’un des plans les plus imités de l’histoire du cinéma.
Dans le 17e arrondissement de Paris, le 6 février 1932. Il est mort à Neuilly-sur-Seine en 1984, à cinquante-deux ans.
Le mouvement de jeunes cinéastes français de la fin des années cinquante, souvent venus de la critique, qui ont tourné avec peu de moyens et en décors réels. Truffaut, avec Les Quatre Cents Coups en 1959, en est l’une des figures de départ.
Le personnage récurrent de Truffaut, alter ego du cinéaste, interprété par Jean-Pierre Léaud dans cinq films, des Quatre Cents Coups à L’Amour en fuite.
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