L’hôtel d’Albret
31 rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris
Sa façade sur rue est du dix-huitième, son cœur du seizième, et sa légende du Grand Siècle. L’hôtel d’Albret, aujourd’hui siège de la direction des affaires culturelles de la Ville, cache derrière son portail de la rue des Francs-Bourgeois le salon où s’est nouée l’une des intrigues les plus considérables de l’histoire de France : la rencontre de la veuve Scarron et de Mme de Montespan.
Du connétable au maréchal
L’hôtel naît en 1545 et 1546 pour Pierre Le Jay, puis passe en 1563 au connétable Anne de Montmorency, l’homme le plus puissant du royaume après le roi. Les ailes s’élèvent en 1638 sous la direction de Mansart, et César-Phébus d’Albret, maréchal de France, achète l’ensemble en 1654 : c’est lui qui donne son nom, et son salon, à la maison. La façade sur rue est reconstruite en 1740 par Vautrain et Courtonne le Jeune, dans le goût rocaille. L’hôtel est classé monument historique, protection confirmée en 1923, et la Ville, propriétaire depuis 1975, y a installé ses affaires culturelles après la restauration de 1989.
Ce qu’il faut voir à l’hôtel d’Albret
- La façade rocaille sur la rue des Francs-Bourgeois, avec ses mascarons de 1740.
- La cour, dont l’accès est donné libre en semaine ; l’usage réel se vérifie sur place, portail ouvert ou non.
- La façade arrière, visible en toute liberté depuis le jardin des Rosiers Joseph-Migneret, l’un des refuges les plus doux du Marais.
- Les événements publics qui s’y tiennent, expositions et journées portes ouvertes de la Ville.
Y aller
Au 31 rue des Francs-Bourgeois, dans le 4e arrondissement ; métro Saint-Paul. Le jardin des Rosiers, accessible par le 10 rue des Rosiers notamment, offre la meilleure vue sans rien demander à personne. À trois rues, l’hôtel de Lamoignon ouvre sa bibliothèque, et le musée Carnavalet raconte le Marais entier.
Le saviez-vous ?
C’est dans le salon de la maréchale d’Albret que Françoise d’Aubigné, veuve du poète Scarron, pauvre et brillante, se fit remarquer de Mme de Montespan, favorite de Louis XIV. La tradition biographique constante veut que cette rencontre lui ait valu la charge de gouvernante des enfants du roi et de la favorite ; la suite est connue : marquise de Maintenon, puis épouse secrète du roi. La coquille amusante est ailleurs : la notice officielle des monuments historiques intitule l’hôtel « Jeanne d’Albret », du nom d’une reine morte un siècle avant que la maison prenne son nom. Même les registres du patrimoine ont leurs légendes.
Celle de la veuve Scarron, future Mme de Maintenon, et de Mme de Montespan, dans le salon de la maréchale d’Albret. Elle mena la première à la charge de gouvernante des enfants royaux, puis au mariage secret avec Louis XIV.
Il abrite la direction des affaires culturelles de la Ville de Paris depuis sa restauration de 1989. La façade arrière se voit librement depuis le jardin des Rosiers Joseph-Migneret.
De César-Phébus d’Albret, maréchal de France, qui acheta l’hôtel en 1654, et non de Jeanne d’Albret, reine de Navarre morte en 1572, malgré l’intitulé erroné de la notice officielle.
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