La cité des Fleurs
154 avenue de Clichy, 75017 Paris
Sept cents mètres de quiétude entre l’avenue de Clichy et la rue de La Jonquière : la cité des Fleurs porte le nom le plus doux des Épinettes et l’histoire la plus grave. Derrière ses grilles ouvragées et ses jardinets réglementés, l’allée de 1847 fut, sous l’Occupation, l’adresse du plus important atelier de faux papiers de la Résistance.
Une utopie de règlement de copropriété
Créée en 1847 par Jean-Edmé Lhenry et Adolphe Bacqueville de La Vasserie, la cité naît avec un cahier des charges d’une précision délicieuse : alignements obligatoires, murets à grilles, arbres à fleurs dans chaque jardin, trois selon la mairie du 17e, et des vases Médicis d’un modèle unique pour tout le monde. L’urbanisme par le bon goût contractuel, qui explique l’harmonie de l’ensemble cent soixante-dix-huit ans plus tard. Le peintre Alfred Sisley vécut au numéro vingt-sept, et deux sœurs promises au cinéma français naquirent dans la clinique de la cité : Françoise Dorléac en 1942, Catherine Deneuve en 1943.
Au numéro vingt-cinq, l’Histoire a frappé plus fort : le pavillon abritait le réseau Plutus, décrit par la mairie comme le plus important réseau clandestin de fabrication de faux papiers de l’Occupation. Le 18 mai 1944, la Gestapo perquisitionne : les occupants sont arrêtés et déportés, et Colette Heilbronner, figure du réseau, est abattue sur place. Une plaque le rappelle, au milieu des rosiers.
Ce qu’il faut voir dans la cité des Fleurs
- Les vases Médicis réglementaires sur les piliers, signature contractuelle de 1847.
- La plaque du numéro vingt-cinq, à la mémoire du réseau Plutus et de Colette Heilbronner.
- Les jardinets fleuris et les maisons d’époques mêlées, du pavillon néogothique à la maison d’atelier.
- Les grilles et lanternes, qui ferment l’allée au soir comme en 1847.
Y aller
Entrées au 154 avenue de Clichy et au 59 rue de La Jonquière, dans le 17e arrondissement ; métro Brochant ou La Fourche. Voie privée ouverte aux piétons du lundi au samedi de sept heures à dix-neuf heures, le dimanche jusqu’à treize heures. La flânerie du 17e continue au square des Batignolles, et pour prolonger la mémoire de l’Occupation, le musée de la Libération de Paris complète la visite, à l’autre bout de la ville.
Le saviez-vous ?
Le réseau Plutus produisait en série cartes d’identité, cartes d’alimentation et ausweis, avec tampons et filigranes, pour les résistants, les réfractaires et les familles juives traquées. Une fabrique de salut public installée dans le décor le plus paisible du 17e : les jardiniers de la cité arrosaient leurs rosiers réglementaires à vingt mètres des presses clandestines. La perquisition du 18 mai 1944 a brisé l’atelier, pas la mémoire : la plaque du vingt-cinq est fleurie, elle, sans règlement.
Oui, aux piétons : du lundi au samedi de sept heures à dix-neuf heures, le dimanche de sept heures à treize heures, entre l’avenue de Clichy et la rue de La Jonquière.
Le plus important réseau clandestin de fabrication de faux papiers de l’Occupation, installé au 25 de la cité. La Gestapo le démantela le 18 mai 1944 ; Colette Heilbronner y fut abattue.
Oui : Catherine Deneuve en 1943 et sa sœur Françoise Dorléac en 1942 sont nées dans une clinique de la cité, comme le rappelle la mairie du 17e.
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