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SECRET PARISIEN

Paris, le samedi 19 septembre 2026

2e Arrt
rueSaint-Denis
Passages couverts 2e arrondissement

Le passage de la Trinité

164 rue Saint-Denis, 75002 Paris

Le passage de la Trinité, venelle pavée en pente avec ses marches et sa lanterne, entre la rue Saint-Denis et la rue de Palestro
Chabe01, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Soixante mètres de long, un mètre soixante de large, des marches, une lanterne. Le passage de la Trinité relie la rue Saint-Denis à la rue de Palestro sans que le Sentier lui prête attention. Il faudrait pourtant s’y découvrir : cette venelle occupe l’ancienne entrée de l’hôpital de la Trinité, et c’est dans la grande salle de cet hôpital que Paris a inventé son théâtre.

L’hôpital des pèlerins arrivés trop tard

Vers 1202, l’hôpital de la Trinité s’élève hors les murs, sur la route de Saint-Denis : il héberge les pèlerins arrivés après la fermeture des portes de la ville. En 1402, tournant considérable, des lettres patentes de Charles VI autorisent la Confrérie de la Passion à louer la grande salle pour y jouer les mystères : c’est la première salle de théâtre permanente de Paris, où les farces et les soties rejoindront vite les sujets pieux. En 1545, les lieux deviennent un hospice d’orphelins, les Enfants Bleus, ainsi nommés pour la couleur de leur uniforme.

La Révolution disperse les biens, vendus en 1812 et 1813, l’église est démolie, et le passage actuel ouvre en 1827 sur le tracé de l’ancienne entrée. Le percement de la rue de Palestro, en 1858, le raccourcit côté est. Reste cette physionomie de venelle médiévale, à degrés, que le Sentier a conservée sans y penser.

Ce qu’il faut voir dans le passage de la Trinité

  • La volée de marches qui rachète la pente vers la rue Saint-Denis, rare souvenir du relief ancien du quartier.
  • Le gabarit d’un mètre soixante, celui d’une ruelle d’avant les alignements.
  • Les lanternes et les pavés, qui font du raccourci un décor de roman-feuilleton.
  • Au débouché, la rue Saint-Denis populaire, celle des enseignes et du commerce, inchangée dans son esprit depuis huit siècles.

Y aller

Entrées au 164 rue Saint-Denis et au 21 rue de Palestro, dans le 2e arrondissement ; métro Réaumur-Sébastopol ou Étienne Marcel. Voie publique, libre à toute heure. Les venelles voisines se visitent dans la foulée : le passage Basfour à deux pas, le passage Sainte-Foy un peu plus haut, et les grands couverts du quartier, le passage du Grand-Cerf en tête.

Le saviez-vous ?

Quand la Confrérie de la Passion s’installe à la Trinité en 1402, le théâtre n’existe à Paris que sur des tréteaux de place publique, démontés le soir. La salle de l’hôpital change tout : un lieu fixe, des représentations régulières, un public qui revient. Les historiens du théâtre y voient l’ancêtre de toutes les salles parisiennes, de Molière à nos soirs de première. Il ne reste de cette généalogie qu’un couloir à marches entre deux rues de confection, et c’est peut-être mieux ainsi : le théâtre est né discret, dans une salle prêtée par la charité.

Pourquoi le passage de la Trinité porte-t-il ce nom ?

Il occupe l’ancienne entrée de l’hôpital de la Trinité, fondé vers 1202 hors les murs pour héberger les pèlerins arrivés après la fermeture des portes de Paris.

En quoi ce lieu est-il le berceau du théâtre parisien ?

En 1402, des lettres patentes de Charles VI permirent à la Confrérie de la Passion de jouer dans la grande salle de l’hôpital : ce fut la première salle de théâtre permanente de Paris.

Le passage de la Trinité est-il couvert ?

Non, c’est une venelle à ciel ouvert, en pente et à degrés, longue de soixante mètres pour un mètre soixante de large. Elle se parcourt librement, de jour comme de nuit.

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