Le mètre étalon de la rue de Vaugirard
36 rue de Vaugirard, 75006 Paris
C’est le monument le plus modeste de Paris, et l’un des plus vertigineux. Sous l’arcade du 36 rue de Vaugirard, face au palais du Luxembourg, le mètre étalon s’encastre dans le mur : une tablette de marbre, deux ergots de métal, un mot gravé, MÈTRE. Entre les ergots, exactement la nouvelle unité. Il n’est pas là pour être admiré, il est là pour être vérifié.
Apprendre le mètre à tout un peuple
La Révolution a inventé le mètre, dix-millionième du quart du méridien terrestre ; restait à le faire entrer dans les mains. Entre février 1796 et décembre 1797, sous le Directoire, seize étalons de marbre sont scellés dans les endroits les plus passants de Paris, sous la conduite de l’architecte Chalgrin. L’idée est d’une simplicité lumineuse : que chacun, en allant au marché, puisse poser sa canne, sa toise ou son ruban contre le mur et s’habituer à la mesure nouvelle. Une campagne d’affichage, mais gravée dans le marbre.
De ces seize professeurs muraux, Paris n’en garde que deux. Celui de la place Vendôme, remonté au 13 en 1848, restauré et réinstallé par le ministère de la Justice qui occupe les lieux. Et celui-ci, rue de Vaugirard, le seul resté à son emplacement d’origine : le dernier qui enseigne là où on l’a accroché.
Ce qu’il faut regarder sur le mètre étalon
- Les deux ergots de métal : la distance de l’un à l’autre est la définition même de l’objet.
- Le fronton mouluré, qui donne à une règle l’allure d’un petit temple.
- Les graduations intermédiaires, pour les fractions de l’unité.
- La plaque explicative posée au-dessus, sobre résumé de la campagne du Directoire.
- Le geste des passants qui, deux siècles plus tard, y mesurent encore leur avant-bras.
Le trouver
Sous l’arcade du 36 rue de Vaugirard, dans le 6e arrondissement, juste en face de l’entrée du Sénat ; métro Odéon, RER Luxembourg. Visible en permanence, gratuitement, à hauteur d’yeux. Le quartier invite à poursuivre vers la place Dauphine par les quais, ou vers la cour de Rohan et la cour du Commerce-Saint-André, à dix minutes à pied.
Le saviez-vous ?
Une légende de date circule jusque sur des photographies d’archives, qui donnent l’étalon « installé le 26 mars 1791 ». C’est confondre la loi et le mur : 1791 est l’année où l’Assemblée adopte le principe du mètre fondé sur le méridien, mais les étalons de marbre, eux, n’arrivent dans les rues qu’en 1796 et 1797. Le marbre de Vaugirard est donc un enfant du Directoire, pas de la Constituante. Cinq ans d’écart, pour un objet dont la raison d’être est la précision : l’ironie méritait d’être gravée quelque part.
Sous l’arcade du 36 rue de Vaugirard, face au Sénat, dans le 6e arrondissement. C’est le seul des seize étalons du Directoire resté à son emplacement d’origine.
Pour accoutumer les Parisiens au système métrique : entre février 1796 et décembre 1797, seize étalons de marbre furent posés dans les lieux les plus fréquentés, afin que chacun puisse y vérifier ses mesures.
Deux à Paris : celui de la rue de Vaugirard, en place depuis l’origine, et celui du 13 place Vendôme, qui n’y fut remonté qu’en 1848 puis restauré par le ministère de la Justice.
Le carnet continue
Vestiges
La maison du Fontainier
14e arrondissement
La colonne Médicis
1er arrondissement
L’enceinte de Philippe Auguste, rue des Jardins-Saint-Paul
4e arrondissement
Le regard de la Lanterne
19e arrondissement
Les dalles de la guillotine, rue de la Croix-Faubin
11e arrondissement