Le palais Galliera est un musée né d’une brouille. Sa fondatrice, la duchesse de Galliera, fait bâtir sur la colline de Chaillot un palais néo-Renaissance destiné à recevoir ses collections, puis change d’avis et les emporte à Gênes. Le bâtiment reste, vide, et la Ville de Paris met un demi-siècle à lui trouver ce qu’il lui fallait : la mode.
Une histoire : comment le palais Galliera est devenu musée de la Mode
Maria Brignole Sale De Ferrari, duchesse de Galliera, hérite en 1876 d’une fortune considérable qu’elle emploie en œuvres charitables. Elle fait édifier entre 1878 et 1894, par l’architecte Léon Ginain, un palais muséal destiné à la Ville. Le projet tourne court, la donation ne se fait pas comme prévu, et le bâtiment sert d’abord aux expositions d’art contemporain, puis aux ventes de prestige des commissaires-priseurs.
Pendant ce temps, une autre histoire avance. En 1907, le peintre et collectionneur Maurice Leloir fonde la Société de l’histoire du costume et réunit une collection de vêtements anciens, que personne ne songeait alors à conserver. Elle est exposée au musée Carnavalet, puis au musée d’Art moderne de la Ville de Paris de 1955 à 1971. Il faut attendre 1977 pour que le palais Galliera devienne officiellement le musée de la Mode et du Costume.
Le musée conserve aujourd’hui près de deux cent mille pièces, l’une des plus importantes collections de mode au monde, du XVIIIe siècle à nos jours. Comme les textiles supportent mal la lumière, il n’y a pas d’exposition permanente : le palais fonctionne par saisons, chaque accrochage sortant des réserves une famille d’objets qui y retourne ensuite dormir.
Ce qu’il faut regarder
- La façade néo-Renaissance de Ginain et son jardin en terrasse, l’un des plus agréables du 16e arrondissement.
- Les galeries hautes, dont la lumière tamisée a été pensée pour les tableaux et sert aujourd’hui aux robes.
- Les réserves, invisibles mais omniprésentes dans le discours du musée : deux cent mille pièces qui imposent leur rythme aux expositions.
- Le palais de Tokyo, juste en face, de l’autre côté de l’avenue du Président-Wilson : deux époques d’architecture muséale qui se regardent.
Le palais Galliera en pratique
Dix avenue Pierre-1er-de-Serbie, dans le 16e arrondissement, métro Iéna ou Alma-Marceau. La fiche du carnet est ici : Palais Galliera. Le quartier de Chaillot aligne à quelques pas le palais de Tokyo et le musée d’Art moderne, et le musée des Arts décoratifs complète la promenade un peu plus loin, rue de Rivoli.
Le saviez-vous ?
La duchesse de Galliera a fini par donner ses tableaux à sa ville natale, Gênes, par dépit politique : elle n’acceptait pas le régime républicain français. Paris a donc hérité d’un palais sans collection, et c’est ce vide qui lui a valu, un siècle plus tard, de devenir le musée d’un art que personne ne prenait au sérieux en 1894, la mode.
Des expositions temporaires de mode, tirées d’une collection de près de deux cent mille pièces. Il n’y a pas d’exposition permanente : les textiles ne supportent pas une lumière prolongée.
Entre 1878 et 1894, par l’architecte Léon Ginain, pour la duchesse de Galliera. Il est devenu musée de la Mode et du Costume en 1977.
Au 10 avenue Pierre-1er-de-Serbie, dans le 16e arrondissement, face au palais de Tokyo. Métro Iéna ou Alma-Marceau.
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