Une nef de bois clair, des lampes vertes alignées à l’infini, et le bruit que fait le silence quand trois cents personnes travaillent en même temps. La bibliothèque de la Sorbonne a ouvert au public en 1770, bien avant que l’université moderne n’existe, et elle est restée ce qu’elle voulait être : une salle où l’on entre pour lire.
Une histoire : la bibliothèque de la Sorbonne, deux siècles et demi
Elle est fondée en 1765 et ouvre cinq ans plus tard sous le nom de bibliothèque de l’université de Paris, dans les locaux du collège Louis-le-Grand. Son fonds initial est un assemblage de dépouilles : la bibliothèque du recteur Petit de Montempuis, une partie de celle du collège de Sorbonne, et les collections des vingt-huit collèges parisiens supprimés. Jusqu’à la Révolution, elle ouvre trois jours par semaine, non seulement aux étudiants et aux professeurs, mais au public.
La suppression de l’Université en 1793 la chasse de ses murs : ses livres partent en dépôt à l’actuelle église Saint-Paul-Saint-Louis, puis reviennent par tranches. Il faut attendre la construction de la nouvelle Sorbonne, sous la direction de l’architecte Henri-Paul Nénot, pour qu’elle trouve enfin sa maison : les travaux durent de 1885 à 1901, et l’escalier reçoit une peinture de Georges-Antoine Rochegrosse au titre magnifique, « Le chant des muses éveille l’âme humaine ».
Fermée pour travaux, la bibliothèque a rouvert en novembre 2013. Elle occupe le bâtiment qui donne sur la cour d’honneur, face à l’entrée principale, et ses salles portent des noms qui sont un programme de lecture : Jacqueline-de-Romilly pour la littérature, Jankélévitch et Aristote pour la philosophie, Fustel de Coulanges pour l’Antiquité et le Moyen Âge, Labrousse pour l’histoire moderne.
Ce qu’il faut regarder
- La charpente et les boiseries de la grande salle, dont la photographie de 1929 montre qu’elles n’ont pour ainsi dire pas bougé.
- Les lampes individuelles, chacune posée sur sa table : l’éclairage d’une bibliothèque se juge à cela.
- L’escalier et sa peinture de Rochegrosse, que l’on monte sans toujours lever les yeux.
- Les galeries supérieures, qui font le tour de la salle et rappellent que les livres sont partout, y compris au-dessus de vous.
La bibliothèque de la Sorbonne en pratique
Dix-sept rue de la Sorbonne, dans le 5e arrondissement, au cœur de la Sorbonne. L’accès est réservé aux lecteurs inscrits, mais la cour d’honneur s’admire depuis la rue, et le quartier vaut la promenade à lui seul. Pour la suite du parcours des grandes salles de lecture parisiennes, voyez la salle Labrouste et la bibliothèque Mazarine.
Le saviez-vous ?
En 1770, la bibliothèque était ouverte au public trois jours par semaine, ce qui en faisait l’une des rares bibliothèques parisiennes accessibles sans lettre de recommandation. La Révolution a supprimé l’Université qui l’abritait, transformé ses locaux en caserne et en prison, et pourtant les livres sont revenus : ils ont survécu à l’institution qui les avait réunis.
Les étudiants, enseignants et chercheurs inscrits, ainsi que les lecteurs extérieurs accrédités selon les conditions de l’établissement. Ce n’est pas une bibliothèque de lecture publique libre.
Elle est fondée en 1765 et ouverte au public en 1770, sous le nom de bibliothèque de l’université de Paris, dans les locaux du collège Louis-le-Grand.
Au premier étage du bâtiment de la Sorbonne qui donne sur la cour d’honneur, 17 rue de la Sorbonne, dans le 5e arrondissement. Elle porte aujourd’hui le nom de Jacqueline de Romilly.
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