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SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 15 septembre 2026

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ruede Richelieu
Paris

La bibliothèque Richelieu et la salle Labrouste

La salle Labrouste de la bibliothèque Richelieu, ses colonnes de fonte et ses coupoles
Stefan Drößler, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Poussez la porte du 58 rue de Richelieu et levez la tête : neuf coupoles de faïence claire flottent sur seize colonnes de fonte à peine plus épaisses que des mâts. La bibliothèque Richelieu abrite là, dans la salle Labrouste, l’une des pièces d’architecture les plus audacieuses du XIXe siècle, et l’un des rares chefs-d’œuvre parisiens où l’on entre gratuitement, à condition de venir lire.

Une histoire : Labrouste et la bibliothèque Richelieu

Henri Labrouste, né à Paris en 1801, mort à Fontainebleau en 1875, appartient à cette génération d’architectes rationalistes qui ont compris avant les autres ce que le fer permettait. Il a déjà construit la bibliothèque Sainte-Geneviève, en face du Panthéon, quand on lui confie la réorganisation de la Bibliothèque impériale. Sa nouvelle salle de lecture ouvre au public le 2 juin 1868.

Le raisonnement est limpide. Une salle de lecture a besoin de lumière zénithale et de silence, donc de peu de murs et de peu de piliers. Labrouste pose donc neuf coupoles surbaissées, chacune percée d’un oculus, et les fait porter par seize colonnes de fonte dont la minceur tient du prodige. Les rayonnages courent tout autour, derrière des arcatures, et le magasin central, invisible du lecteur, empile cinq niveaux de planchers à claire-voie sur une ossature métallique : la première cathédrale de fer bâtie pour des livres.

Le site a rouvert au terme d’un très long chantier de restauration. La salle Labrouste, classée monument historique depuis 1983, abrite désormais la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art ; le hall d’honneur, restauré dans son esthétique pompéienne de marbres clairs et de bas-reliefs, se visite librement, et un musée occupe les anciennes salles des collections.

Ce qu’il faut regarder

  • Les seize colonnes de fonte : mesurez du regard leur diamètre, puis le poids des coupoles qu’elles portent.
  • Les oculus au sommet de chaque coupole, qui font entrer le jour sans jamais éclairer directement une table.
  • La faïence claire des voûtes, choisie pour renvoyer la lumière et absorber le bruit.
  • Le magasin central, que l’on aperçoit derrière sa grande baie vitrée : cinq étages de fer et de verre où les livres respirent.
  • Le hall d’honneur et son dallage de marbre à cabochons rouges, bordé de vert.

La bibliothèque Richelieu en pratique

Cinquante-huit rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement, entre la Bourse et le Palais-Royal. La fiche d’adresse du carnet est ici : BnF Richelieu. Pour prolonger la promenade des bibliothèques, la bibliothèque Mazarine se trouve sur l’autre rive, quai de Conti, et la galerie Vivienne est juste derrière le bâtiment.

Le saviez-vous ?

Labrouste a inventé ici une ruse que tous les architectes de bibliothèques ont copiée depuis : séparer la salle où l’on lit du magasin où l’on range. Avant lui, on lisait au milieu des livres, dans la poussière et l’ombre des rayonnages. Après lui, les livres vivent dans une serre de fer et les lecteurs sous des coupoles.

Peut-on visiter la salle Labrouste ?

La salle Labrouste est une salle de lecture de la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art, réservée aux lecteurs accrédités. Le hall d’honneur, la galerie Mazarine et le musée du site Richelieu se visitent, eux, librement ou avec un billet.

Qui a construit la bibliothèque Richelieu ?

L’architecte Henri Labrouste (1801-1875) a réorganisé le site et construit la grande salle de lecture, ouverte au public le 2 juin 1868. Il avait auparavant bâti la bibliothèque Sainte-Geneviève.

Où se trouve la bibliothèque Richelieu ?

Au 58 rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement de Paris, avec une entrée également rue Vivienne. C’est le berceau historique de la Bibliothèque nationale de France.

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