La libération de Paris tient en six jours, du 19 au 25 août 1944, et elle aurait pu ne pas avoir lieu. Les Alliés ne voulaient pas de bataille urbaine, Hitler voulait une ville détruite, et les Parisiens, eux, ont commencé sans attendre l’avis de personne.
Une histoire : comment s’est jouée la libération de Paris
Les ordres allemands sont clairs : le gouverneur militaire du Grand Paris, le général von Choltitz, doit faire sauter les soixante-deux ponts de Paris et de sa banlieue, détruire les monuments, réprimer sans pitié et combattre jusqu’au dernier homme. Du côté allié, Eisenhower et Bradley préfèrent contourner la capitale : une bataille de rues coûterait des semaines et des milliers de vies.
L’insurrection éclate le 19 août. La police se met en grève puis occupe la préfecture, les barricades montent dans le Quartier latin, les tracts appellent au combat. Un écrivain polonais installé dans le douzième arrondissement note ce jour-là, en pensant au soulèvement de Varsovie : « Paris essaye d’imiter Varsovie. » La comparaison est terrible, car Varsovie est en train d’être écrasée.
Le 24 août au soir, les premiers éléments de la 2e division blindée du général Leclerc entrent dans Paris par la porte d’Italie et la porte d’Orléans. En tête, la 9e compagnie du régiment de marche du Tchad, surnommée la Nueve parce qu’elle est composée en majorité de républicains espagnols, réfugiés de la guerre d’Espagne. La section du lieutenant Amado Granell est la première à atteindre le centre de la capitale. Le 25 août, von Choltitz capitule sans avoir fait sauter les ponts.
Le même jour, de Gaulle gagne l’Hôtel de Ville et prononce les mots que tout le monde connaît encore : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! » Quand Georges Bidault lui demande de proclamer la République, il refuse d’une phrase : elle n’a jamais cessé d’être. Le 26 août, la foule salue Leclerc sur les Champs-Élysées ; la messe d’action de grâces à Notre-Dame est troublée par une fusillade.
Les lieux de la libération dans Paris
- La préfecture de police, île de la Cité, occupée par les policiers en grève dès le 19 août.
- La gare Montparnasse, où von Choltitz signe la reddition le 25 août.
- L’Hôtel de Ville, où de Gaulle parle le soir même.
- Les Champs-Élysées, descendus en foule le 26 août sous les tirs sporadiques.
- Les plaques de rue, enfin, que l’on croise partout dans la capitale : elles portent la date de la mort d’un résistant, souvent celle du 19 ou du 25 août 1944.
Le saviez-vous ?
Les premiers chars entrés dans Paris portaient des noms espagnols : Guadalajara, Teruel, Madrid, Ebro. Les hommes de la Nueve avaient fui Franco, s’étaient battus en Afrique, et pensaient qu’après Paris viendrait Madrid. Ils se sont trompés de trente ans. Une plaque, quai Henri-IV, rappelle aujourd’hui leur passage.
Entre le 19 et le 25 août 1944. L’insurrection commence le 19, la 2e division blindée entre dans la ville le 24 au soir, et le général von Choltitz capitule le 25 août.
Les éléments du capitaine Dronne, et en tête la 9e compagnie du régiment de marche du Tchad, surnommée la Nueve, composée en majorité de républicains espagnols. La section du lieutenant Amado Granell est la première à atteindre le centre.
« Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! » Il refusa ensuite de proclamer la République, estimant qu’elle n’avait jamais cessé d’exister.
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