Sandro est née en 1984 à Paris, créée par Évelyne Chetrite, née à Casablanca et arrivée en France adolescente. Le nom n’est pas celui d’un créateur italien, comme beaucoup l’ont longtemps cru : c’est le prénom de son mari, Didier Sandro Chetrite, qui l’accompagne dans l’aventure. La marque commence par des collections vendues à des détaillants, avant de tenir ses propres murs.
Son parti pris est le vestiaire parisien dans sa version stricte : vestes de tailleur cintrées, pantalons droits, chemises blanches, palette resserrée sur le noir, le bleu marine et l’écru. C’est l’inverse du romantisme de sa sœur cadette Judith Milgrom, qui fondera Maje quatorze ans plus tard. Les deux femmes ont travaillé ensemble une décennie avant de suivre chacune sa voie.
Sandro et l’invention du luxe accessible
En 2004, vingt ans après sa création, Sandro ouvre sa première boutique en propre, dans le Marais. Le quartier est alors en pleine transformation : les rues des Francs-Bourgeois et Vieille-du-Temple s’emplissent de créateurs, les boutiques ouvrent le dimanche, et une génération de marques françaises invente un segment resté sans nom, entre la grande distribution et le luxe. Sandro, Maje et Claudie Pierlot en seront les figures de proue.
Les repères de la maison Sandro
- 1984 : création par Évelyne Chetrite, à Paris.
- Le nom, emprunté au prénom de son mari Didier Sandro Chetrite.
- 2004 : première boutique en propre, dans le Marais.
- 2009 : lancement de la ligne homme.
- 2010 : constitution du groupe SMCP avec Maje et Claudie Pierlot.
Vingt ans avant d’ouvrir une boutique
La trajectoire est inhabituelle : Sandro a vendu ses collections pendant vingt ans sans posséder un seul magasin, en fournissant les boutiques multimarques de province et de la capitale. Évelyne Chetrite dessinait, faisait fabriquer, livrait, et laissait à d’autres le soin de vendre. Ce long apprentissage du commerce explique la précision du positionnement quand la marque a enfin pris ses murs : elle savait exactement qui l’achetait, à quel prix, et pourquoi.
Le Marais, laboratoire de la mode parisienne
Le quartier n’était pas destiné à cela. Marécage asséché au XIIe siècle, quartier aristocratique au XVIIe, puis quartier populaire et artisanal, le Marais était encore dans les années 1970 promis à la démolition avant d’être sauvé par la loi Malraux. Sa protection patrimoniale a préservé les hôtels particuliers et les rues étroites, précisément ce qui, vingt ans plus tard, en a fait le décor rêvé pour des boutiques de mode. Sandro y a ouvert quand les loyers y étaient encore raisonnables.
La rue des Francs-Bourgeois relie la place des Vosges aux Archives nationales, à deux pas du musée Carnavalet et de la porte de l’hôtel de Bassompierre. L’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.
Évelyne Chetrite, en 1984 à Paris. Née à Casablanca, elle a donné à sa marque le prénom de son mari, Didier Sandro Chetrite, ce qui a longtemps fait croire à une maison italienne.
Oui : Évelyne Chetrite, fondatrice de Sandro, est la sœur de Judith Milgrom, fondatrice de Maje. Les deux femmes ont travaillé ensemble dix ans, et leurs marques sont réunies depuis 2010 dans le groupe SMCP.
Dans le Marais, à Paris, en 2004, soit vingt ans après la création de la marque. Sandro vendait auparavant ses collections à des détaillants sans posséder ses propres murs.