Maria Callas, la diva du Palais Garnier et de l’avenue Georges-Mandel
Au 36 avenue Georges-Mandel, une plaque sobre tient en trois lignes : ici est décédée Maria Callas, le 16 septembre 1977. Née à New York le 2 décembre 1923, de parents grecs, l’une des cantatrices les plus célèbres du siècle a chanté partout, mais c’est à Paris qu’elle a donné un gala télévisé resté célèbre, ses dernières Norma, et qu’elle a fini sa vie, loin des scènes.
Une histoire : Maria Callas et le gala du 19 décembre 1958
Son premier concert parisien a lieu au Palais Garnier le 19 décembre 1958, un gala donné au profit des œuvres de la Légion d’honneur, en présence du président René Coty. Au programme, des extraits de Norma, du Trouvère et du Barbier de Séville, puis le deuxième acte de Tosca avec le baryton Tito Gobbi, sous la direction de Georges Sebastian. Elle renonce à son cachet, cinq millions de francs, au bénéfice des œuvres.
La soirée est retransmise en Eurovision. C’est la première captation télévisée réalisée depuis le Palais Garnier, et Pierre Tchernia, à l’antenne, avance que la circulation automobile aurait diminué de moitié pendant la diffusion. L’anecdote ne se vérifie pas, mais elle dit l’attente de tout un pays.
Norma, Tosca et les adieux manqués
Elle revient à l’Opéra en 1964. À partir du 22 mai, elle y chante huit fois Norma dans la mise en scène de Franco Zeffirelli, sous la baguette de Georges Prêtre. En février et mars 1965 suivent neuf Tosca, puis cinq nouvelles Norma. La dernière, le 29 mai 1965, est interrompue au deuxième acte.
On parle souvent de ses adieux parisiens, c’est inexact. Sa toute dernière apparition sur une scène d’opéra a lieu à Londres, dans Tosca, le 5 juillet 1965. Paris, lui, devient sa ville de retraite. Le 18 mars 1966, à l’ambassade des États-Unis, elle renonce à la nationalité américaine. Ses dernières années se passent avenue Georges-Mandel, dans le 16e, où elle enregistre encore, en août 1977, l’air « Madre, pietosa Vergine » de La Force du destin, accompagnée au piano par Vasso Devetzi.
Le Paris de Maria Callas, ce qu’on peut voir
- La plaque du 36 avenue Georges-Mandel, posée sur la façade de son immeuble, qui reste privé.
- L’allée Maria-Callas, le long de cette même avenue, baptisée par un arrêté municipal du 12 décembre 2000.
- Le Palais Garnier, où elle a chanté le gala de 1958, Norma et Tosca, et qui se visite toute l’année.
- L’église orthodoxe grecque de la rue Georges-Bizet, dans le 16e, où ses obsèques ont été célébrées le 20 septembre 1977 en présence de la princesse Grace de Monaco.
- Le columbarium du Père-Lachaise, division 87, où une plaque signale une case restée vide.
Le saviez-vous ?
Maria Callas ne repose pas au Père-Lachaise. Incinérée au crématorium du cimetière, elle a laissé une urne qui a d’abord été volée, puis retrouvée, avant que ses cendres ne soient dispersées en mer. Sur la date et le lieu exact de la dispersion, les sources ne s’accordent pas. La case numéro 16258 du columbarium est donc un cénotaphe.
Sa mort elle-même garde une part d’ombre. La cause officielle est une crise cardiaque, survenue dans son appartement le 16 septembre 1977, et les rumeurs n’ont jamais rien établi d’autre. Elle avait cinquante-trois ans. Quant à sa date de naissance, sa mère retenait le 4 décembre : la cantatrice l’a d’abord adoptée, avant d’opter pour le 2, et le doute a duré jusqu’à la publication de son acte, en 1987.
Au 36 avenue Georges-Mandel, dans le 16e arrondissement, où une plaque rappelle qu’elle y est morte le 16 septembre 1977. Depuis un arrêté municipal du 12 décembre 2000, l’allée qui borde l’avenue porte son nom.
Nulle part : elle a été incinérée au Père-Lachaise et ses cendres ont été dispersées en mer. La plaque du columbarium, division 87, signale une case restée vide.
Oui, au gala du 19 décembre 1958, puis dans Norma en 1964 et dans Tosca en 1965. Sa dernière Norma parisienne, le 29 mai 1965, s’est arrêtée au deuxième acte.
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