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SECRET PARISIEN

Paris, le vendredi 18 septembre 2026

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Personnalités

Joséphine Baker, l’Américaine qui a choisi Paris

Joséphine Baker en robe blanche au bras de M. Poirier, sous une haie de rameaux fleuris, à la mairie du 20e arrondissement le 28 février 1931
Agence Rol, Bibliothèque nationale de France, domaine public, via Wikimedia Commons

Le 30 novembre 2021, Joséphine Baker entre au Panthéon, première femme noire honorée dans la crypte. Son corps, lui, reste à Monaco : le cénotaphe renferme de la terre de Saint-Louis, sa ville natale, de Paris, des Milandes et de Monaco. Quatre terres pour une vie commencée dans le Missouri le 3 juin 1906, et jouée pour l’essentiel sur les scènes parisiennes.

Une histoire : Joséphine Baker et la Revue nègre

Freda Josephine McDonald débarque en France à l’automne 1925. Le 2 octobre, au music-hall des Champs-Élysées, sa danse sauvage dans la Revue nègre la révèle au Tout-Paris ; les affiches du théâtre des Champs-Élysées annoncent le spectacle d’octobre à décembre. Viennent ensuite les Folies-Bergère, où elle danse vêtue d’une ceinture de bananes, que la légende place à tort dans la Revue nègre.

Elle s’installe dans le paysage de la nuit parisienne. De 1926 à 1928, elle tient un cabaret au 35 rue Pierre-Fontaine, dans le 9e, qui fait entendre le jazz aux Parisiens. En 1930, Henri Varna l’engage au Casino de Paris pour la revue Paris qui remue, qui succède à celle de Mistinguett, et elle y crée J’ai deux amours, sur des paroles de Géo Koger et Henri Varna et une musique de Vincent Scotto. Le 28 février 1931, l’agence Rol la photographie à la mairie du 20e arrondissement, lors de l’élection de la reine de la T.S.F. Elle devient française en 1937.

Joséphine Baker, la résistante

En septembre 1939, elle entre en contact avec le commandant Jacques Abtey, du contre-espionnage. Ses concerts au Casino de Paris, où elle partage l’affiche avec Maurice Chevalier, et sur la ligne Maginot lui servent à recueillir des renseignements. En octobre 1940, elle refuse de chanter à Paris devant les Allemands. Le 23 mai 1944, elle s’engage dans les Formations féminines de l’Air, avec le grade de sous-lieutenant. La médaille de la Résistance avec rosette lui est décernée en 1946, la Légion d’honneur en 1957.

Après la guerre, elle vit aux Milandes, en Dordogne, louées dès 1937, achetées en 1947 et quittées en 1969. Paris la rappelle une dernière fois au printemps 1975 : à Bobino, un spectacle retrace sa carrière. Elle meurt le 12 avril 1975, dans le 13e arrondissement, et ses obsèques sont célébrées à la Madeleine.

Le Paris de Joséphine Baker, ce qu’on peut voir

  • Le théâtre des Champs-Élysées, 15 avenue Montaigne, dont le music-hall a accueilli la Revue nègre en 1925.
  • Les Folies-Bergère, 32 rue Richer, et le Casino de Paris, 16 rue de Clichy, toujours en activité.
  • La plaque du 35 rue Pierre-Fontaine, dans le 9e, qui rappelle son cabaret des années 1926 à 1928.
  • La place Joséphine-Baker, dans le 14e, à l’angle des rues Poinsot et Jolivet et du boulevard Edgar-Quinet, baptisée par un arrêté municipal du 25 septembre 2000.
  • La piscine Joséphine-Baker, quai François-Mauriac, dans le 13e, face à la Seine.
  • La crypte du Panthéon, où son cénotaphe occupe le caveau de Maurice Genevoix, accessible avec le billet du monument.

Le saviez-vous ?

Le 6 juin 1944, le jour même du débarquement, l’avion qui transporte la sous-lieutenant Baker tombe en panne de moteur et amerrit au large de la Corse. Elle en réchappe, et le Service historique de la Défense consigne l’épisode dans son dossier.

Deux idées reçues méritent d’être corrigées. Joséphine Baker n’est pas morte sur la scène de Bobino : elle a succombé le 12 avril 1975 après un malaise, en plein succès. Et le Bobino d’aujourd’hui n’est plus la salle qu’elle a connue, reconstruite en 1985.

Joséphine Baker est-elle enterrée au Panthéon ?

Non : elle y est entrée le 30 novembre 2021 sous la forme d’un cénotaphe, et son corps repose à Monaco. Le caveau, qu’elle partage avec Maurice Genevoix, se visite avec le billet du monument.

Où Joséphine Baker a-t-elle débuté à Paris ?

Au music-hall des Champs-Élysées, dans la Revue nègre, dont la danse sauvage la révèle le 2 octobre 1925. La ceinture de bananes vient plus tard, aux Folies-Bergère.

Où voir Joséphine Baker à Paris aujourd’hui ?

Au Panthéon, sur la place Joséphine-Baker du 14e, dénommée en 2000, et à la piscine Joséphine-Baker, quai François-Mauriac. Le Casino de Paris et les Folies-Bergère, ses grandes scènes, sont toujours en activité.

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