Le square du Temple – Elie Wiesel
50 rue de Bretagne, 75003 Paris
Huit mille mètres carrés, et six siècles dessous. Le square du Temple – Elie Wiesel occupe une partie de l’ancien enclos des Templiers, dont la tour servit de prison à Louis XVI. Tout a été rasé, la tour en 1808, le palais en 1853 ; quatre ans plus tard, Alphand y plante un jardin anglais avec cascade, mare et kiosque. C’est aujourd’hui l’un des rares grands squares du Marais, et le plus arboré.
Où se trouve le square du Temple ? Repères sur le plan de Paris
Dans le 3e arrondissement, entre la rue de Bretagne au sud, la rue Perrée au nord, la rue du Temple à l’ouest et la rue Eugène-Spuller à l’est, devant la mairie d’arrondissement. Métro 3 à Temple, métro 3 et 11 à Arts et Métiers, bus 20 et 75 à l’arrêt Square du Temple, juste devant la grille.
Attention à l’adresse : la Ville de Paris affiche le 64, rue de Bretagne sur sa fiche, un numéro que la Base adresse nationale ne connaît pas ; ses propres données ouvertes indiquent le 50. Le quartier, lui, est celui des musées : le musée Picasso et le musée des Archives nationales sont à dix minutes vers le sud, et le musée des Arts et Métiers à cinq minutes vers l’ouest.
Une histoire : de l’enclos des Templiers au square du Temple
Au XIIIe siècle, la maison du Temple abrite les chevaliers de l’ordre, hors les murs de Paris ; l’ordre est dissous en 1312 et ses biens passent aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. L’enclos garde longtemps ses privilèges et son donjon. La Révolution en fait un bien national, puis une prison : Louis XVI, Marie-Antoinette et le petit Louis XVII y sont enfermés en 1792. La tour est abattue en 1808, le palais en 1853, et l’un de ses portails se trouvait exactement là où l’on entre aujourd’hui dans le jardin.
Le square est l’un des vingt-quatre créés à Paris sous le Second Empire par Jean-Charles Adolphe Alphand, ingénieur du préfet Haussmann, avec l’architecte Gabriel Davioud pour les grilles. La presse suit le chantier semaine par semaine : le 20 octobre 1857, les travaux « se poursuivent avec activité » ; le 1er novembre, ils sont « terminés » ; le 7 novembre, un quotidien écrit que le square est ouvert « depuis avant-hier ». On lit souvent la date du 11 novembre : elle arrive trop tard.
Le jardin a perdu une statue et gagné une mémoire. Le bronze de Béranger, chansonnier populaire, élevé par souscription en juillet 1885, a été fondu sous l’Occupation ; une statue de pierre d’Henri Lagriffoul l’a remplacé en 1953. Le 26 octobre 2007, une stèle a été posée sur la pelouse principale : elle porte les prénoms, les noms et les âges de quatre-vingt-cinq très jeunes enfants juifs du 3e arrondissement, de deux mois à six ans, déportés entre 1942 et 1944. Le square a pris le nom d’Elie Wiesel en 2017.
Ce qu’il faut voir au square du Temple
- La cascade artificielle qui dévale un chaos de rochers jusqu’à la pièce d’eau, dans le goût des jardins d’Alphand.
- Le kiosque à musique, qui accueille chaque été les concerts gratuits de Kiosques en fête.
- La stèle des tout-petits déportés du 3e arrondissement, sur la grande pelouse.
- La statue de Béranger par Henri Lagriffoul, et le monument à Wilhem, fondateur de l’Orphéon, avec son médaillon d’Eugène Delaporte.
- Le noisetier de Byzance classé arbre remarquable par la Ville, un arbre venu des Balkans que l’on croise rarement à Paris.
- Les cinquante-quatre arbres de l’inventaire municipal, dont un platane de trois mètres cinquante de tour, un ptérocaryer du Caucase, un ginkgo et un copalme.
Modalités et infos pratiques
Entrée gratuite, jardin clos. Il ouvre à 8 heures du lundi au vendredi, à 9 heures le samedi et le dimanche, et ferme à 20 h 30 jusqu’au 30 septembre, à 19 h 30 en octobre. Aire de jeux, bacs à sable, tables de ping-pong, brumisateur, points d’eau potable et toilettes ; jardin sans tabac, animaux non admis. La Ville lui a décerné le label Ecojardin.
Un conseil de saison : la plus grande pelouse n’est accessible qu’à la belle saison, d’avril à la mi-octobre. Le reste de l’année, on tourne par les allées, on s’assoit sur les bancs Davioud et on regarde la cascade, ce qui n’est pas la pire des consolations.
Le saviez-vous ? La Ville s’est trompée de square
Sur sa propre fiche, la Ville de Paris décrit dans ce jardin deux bassins, des groupes sculptés de Gumery et d’Ottin, une colonne de granit du Jura à la gloire de Sébastopol et un bronze de Marc Seguin. Aucune de ces œuvres n’est ici : le paragraphe est recopié mot pour mot de la fiche du square Émile-Chautemps, boulevard de Sébastopol, à quelques centaines de mètres. L’erreur circule depuis dans les guides.
Les chiffres officiels ne s’accordent pas mieux entre eux. Le noisetier remarquable mesure 25 mètres pour 225 centimètres de tour sur la fiche imprimée de la Ville, 16 mètres pour 235 centimètres dans son jeu de données ouvert ; un panneau municipal annonçait 71 arbres en 2009, l’inventaire actuel en compte 54. Un square minuscule, trois vérités administratives.
À l’emplacement du square et de ses abords. La tour du Temple, où Louis XVI fut enfermé en 1792, a été détruite en 1808, et le palais de l’enclos en 1853, quatre ans avant l’ouverture du jardin.
Oui, et gratuitement. Il ouvre à 8 heures en semaine, à 9 heures le week-end, et ferme à 20 h 30 en septembre, à 19 h 30 en octobre. Les animaux n’y sont pas admis.
En hommage à l’écrivain et prix Nobel de la paix, rescapé d’Auschwitz, recueilli à son arrivée en France par l’Œuvre de secours aux enfants, installée dans le 3e arrondissement. Le nom a été inauguré le 29 juin 2017.
Le carnet continue
Jardins
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