Aller au contenu
SECRET PARISIEN

Paris, le jeudi 17 septembre 2026

8e Arrt
rueLamennais
Restaurants 8e arrondissement

Le Taillevent

15 rue Lamennais, 75008 Paris

La cuisine ne finit pas en cuisine. Le Taillevent, deux étoiles au guide Michelin, est l’une des dernières maisons de Paris où les maîtres d’hôtel découpent, dressent et flambent devant la table : chariot de viande ou de poisson en deux services, volaille contisée à la truffe, crêpes Suzette allumées à la minute. Le service au guéridon, ici, n’est pas un numéro, c’est la signature.

Où se trouve Le Taillevent ? Repères sur le plan de Paris

Au 15, rue Lamennais, dans le 8e arrondissement, entre la rue Washington et l’avenue de Friedland. La rue ne fait que cent vingt-trois mètres et s’arrête au numéro 17 : le restaurant occupe l’avant-dernière porte impaire. Métro 1 à George-V à deux cent soixante-dix mètres, RER A à Charles-de-Gaulle-Étoile, et l’arrêt de bus Balzac à quarante mètres de l’entrée.

La rue porte depuis 1881 le nom de l’abbé Félicité Robert de Lamennais ; elle s’appelait rue du Centre et fut ouverte en 1842 sur les terrains de l’ancienne chartreuse Beaujon. L’hôtel George-V est à cinq minutes.

Une histoire : Le Taillevent, des Vrinat aux Gardinier

Le nom rend hommage à Guillaume Tirel, dit Taillevent, cuisinier du XIVe siècle auquel la tradition attribue le Viandier, l’un des premiers livres de cuisine en langue française. André Vrinat ouvre la maison en 1946, non pas ici mais au 35 de la rue Saint-Georges, dans le 9e, dans une salle à manger appartenant à une banque. Première étoile en 1948.

Le déménagement a lieu en 1950, au 15 rue Lamennais, dans l’hôtel particulier bâti en 1852 pour le duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, qui avait entre-temps abrité l’ambassade du Paraguay. La deuxième étoile suit en 1954 selon les encyclopédies, en 1956 selon d’autres sources. La troisième arrive en 1973, sous le chef Claude Deligne, et la maison la garde jusqu’en 2006. Jean-Claude Vrinat, fils du fondateur et diplômé d’HEC, en a pris la suite dès 1962.

La maison se transmet deux fois. À la mort de Jean-Claude Vrinat en 2008, sa fille Valérie reprend les rênes ; en janvier 2011, elle cède l’ensemble aux frères Thierry, Stéphane et Laurent Gardinier, dont les parents étaient amis des Vrinat, et qui possèdent aussi les Crayères à Reims, le château Phélan Ségur et, depuis mars 2018, Drouant. La deuxième étoile, perdue en janvier 2019, revient en 2020.

La table : ce qu’on vient manger au Taillevent

  • Les crêpes Suzette, que le guide qualifie d’inamovibles, flambées d’abord au Grand Marnier puis au cognac.
  • Le homard flambé au whisky tourbé, l’un des trois gestes que la maison met en avant.
  • La volaille contisée à la truffe, découpée au guéridon.
  • Le chariot de viande ou de poisson servi en deux temps : côte de veau, pigeon de Pornic, pêche de petit bateau.
  • Le menu Héritage, consacré aux classiques de la maison, et le menu Geste, construit autour des découpes et des flambages.
  • Une cave de plus de trente mille flacons et 3 800 références, dont quinze cents de Bourgogne et de Bordeaux.

Cette cave est une histoire à elle seule. Dès les années 1950, quand les cartes parisiennes étaient tenues par le Bordeaux, la maison a poussé la Bourgogne, qui arrivait alors en pièces de deux cent vingt-huit litres et se mettait en bouteille dans ses propres caves. Le plus vieux millésime conservé est un château Ducru-Beaucaillou 1890, et une horizontale de 1918 des premiers grands crus classés dort à côté. Elle a valu à la maison le Gold Star de la Star Wine List of the Year France 2026, meilleure carte de vins de France.

Modalités et infos pratiques

Déjeuner du mardi au vendredi de 12 heures à 13 h 30, dîner du lundi au vendredi de 19 h 15 à 21 heures ; fermé le samedi et le dimanche, ainsi que le lundi midi. Deux salles au rez-de-chaussée, la salle Lamennais et ses boiseries de chêne, une quarantaine de couverts, et la salle Trianon, plus minérale, ouverte sur un jardin de cour. Veste recommandée pour les hommes.

Une offre mérite d’être connue : les 33 ans et moins bénéficient de 33 pour cent de remise sur l’addition, du lundi au jeudi au dîner et du mardi au vendredi au déjeuner, hors bouteilles de plus de 150 euros. Il faut pré-réserver en ligne, confirmer par téléphone, venir à quatre au maximum et présenter une pièce d’identité, tout le monde à table devant avoir l’âge.

Le saviez-vous ? Pixar est venu prendre des notes

Le Taillevent figure au générique de Ratatouille, sorti en 2007 : les équipes du studio se sont inspirées de l’atmosphère de travail de la maison pour composer leur cuisine de dessin animé. La même année, le restaurant perdait sa troisième étoile, ce qui fait un curieux voisinage de dates.

Un point à ne pas recopier, en revanche. La maison écrit que ses salons du premier étage sont classés à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. La formule mélange deux régimes distincts, on est classé ou bien inscrit, et surtout la base nationale des immeubles protégés ne contient aucune notice pour le 15 rue Lamennais. Ces salons valent pourtant le détour : le salon Guimet, laqué de rouge, où Morny aurait reçu Napoléon III, et le salon Saturne, son ancienne chambre, aux boiseries Louis XVI.

Combien d’étoiles a Le Taillevent ?

Deux étoiles au guide Michelin France 2026. La maison en a compté trois de 1973 à 2006, sous le chef Claude Deligne, et a retrouvé sa deuxième étoile en 2020 après l’avoir perdue l’année précédente.

D’où vient le nom Taillevent ?

De Guillaume Tirel, dit Taillevent, cuisinier du XIVe siècle auquel on attribue le Viandier, l’un des premiers livres de cuisine écrits en français. Le fondateur, André Vrinat, a choisi ce nom en 1946.

Y a-t-il un tarif réduit au Taillevent ?

Oui, pour les 33 ans et moins : une remise de 33 pour cent sur l’addition, du lundi au jeudi au dîner et du mardi au vendredi au déjeuner, sur pré-réservation et pièce d’identité, pour des tables de une à quatre personnes.

Mon carnet de voyage