LPC, au Sofitel Paris Baltimore
88 bis avenue Kléber, 75116 Paris
Les listes de bars d’hôtels rangent ici Lordy’s Paris Club. C’est une erreur de pièce : Lordy’s est le restaurant, et il ferme le samedi et le dimanche. Le bar, lui, s’appelle LPC, il ouvre tous les jours de neuf heures à minuit, et c’est sur sa terrasse que se tient l’afterwork du jeudi que vantent les mêmes listes. Le tout au Sofitel Paris Baltimore Tour Eiffel, 88 bis avenue Kléber.
LPC, le bar, et Lordy’s, le restaurant
Les pages officielles séparent nettement les deux, avec des natures, des horaires et des noms distincts. Le bar est un bar à cocktails ouvert sept jours sur sept ; le restaurant relève de la bistronomie et n’ouvre qu’en semaine, midi et soir. L’hôtel lui-même s’y perd un peu, puisque la balise de titre de sa page écrit LCP au lieu de LPC : une coquille de l’exploitant, pas un second établissement.
Autre correction utile, l’adresse. Les guides écrivent 88 avenue Kléber. L’hôtel écrit 88 bis, et les deux numéros existent comme points d’adresse distincts dans la base nationale. La terrasse du bar a rouvert le 3 avril 2025, avec la relance des soirées du jeudi.
Un lord éteint depuis 1771
La maison écrit sur sa page officielle qu’elle rend hommage à Lord Baltimore, son illustre premier visiteur. La formule a un défaut de chronologie : le titre de baron Baltimore, créé en 1625, s’est éteint le 4 septembre 1771 à la mort du sixième baron, sans héritier mâle. Aucun Lord Baltimore au sens nobiliaire n’a donc pu descendre dans un immeuble bâti en 1892.
L’explication peut être un surnom de courtoisie, ou un Américain venu de la ville de Baltimore, ou une pure légende commerciale. En l’état, c’est un récit de maison, et il vaut mieux le présenter comme tel que de le transformer en chapitre d’histoire.
Une histoire de bâtiment qui tient à une seule source
- L’immeuble aurait été construit en 1892 comme résidence privée de luxe.
- Son architecte serait un certain Paul Lorin, dont les dates restent introuvables.
- Il aurait fait appel à Gustave Eiffel pour la balustrade de fer de l’escalier intérieur, encore en place.
- La transformation en hôtel daterait des années 1920.
- Toutes ces affirmations viennent d’un consortium commercial d’hôtels historiques, alimenté par ses membres, et aucune n’a de confirmation indépendante.
- Le bâtiment n’est ni inscrit, ni classé, ni protégé au titre du plan local d’urbanisme.
Cela ne veut pas dire que ces faits soient faux, seulement que personne ne les a vérifiés. Dans un métier où la brochure tient lieu d’archive, c’est la situation la plus courante, et la plus piégeuse pour qui écrit.
Le saviez-vous ? L’avenue du Roi de Rome
L’avenue Kléber porte ce nom depuis un arrêté du 16 août 1879, en l’honneur du général Jean-Baptiste Kléber, né en 1753 et mort en 1800, à cause du voisinage de l’Arc de Triomphe. Auparavant, elle s’appelait avenue du Roi-de-Rome, du titre donné au fils de Napoléon.
Avant 1864, ce n’était même pas une avenue mais quatre morceaux de voies différentes : à l’extérieur de l’ancien mur d’octroi, le boulevard de Passy puis celui de Longchamp ; à l’intérieur, les chemins de ronde des Bassins et de Longchamp. Mille cent trente-cinq mètres qui montent de l’esplanade du Trocadéro à l’Arc de Triomphe, et qui ont mis un siècle à devenir une seule rue.
Non, et les guides les confondent. LPC est le bar à cocktails, ouvert tous les jours de 9 heures à minuit. Lordy’s Paris Club est le restaurant, fermé le samedi et le dimanche. L’afterwork du jeudi se tient sur la terrasse du bar, pas au restaurant.
88 bis avenue Kléber, dans le 16e arrondissement, tel que l’hôtel l’écrit lui-même. Les guides donnent 88 tout court : les deux numéros existent comme points d’adresse distincts, et c’est bien le 88 bis.
Un consortium hôtelier l’affirme, à propos de la balustrade de fer de l’escalier intérieur. Aucune source indépendante ne le confirme, pas plus que l’existence de l’architecte auquel on attribue l’immeuble de 1892. À traiter comme un récit de maison.
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