L’Hôtel Particulier de Montmartre tient en cinq chambres, un portail noir et un jardin que l’on ne soupçonne pas depuis la rue. Il est caché entre l’avenue Junot et la rue Lepic, dans le seul quartier de Paris qui ait gardé quelque chose de son passé de village, et l’adresse se transmet plus qu’elle ne se cherche.
Une histoire : l’Hôtel Particulier et le maquis de Montmartre
Avant l’avenue Junot, il y avait le maquis : un terrain vague couvert de broussailles, de cabanes, de jardins et de chiffonniers, qui occupait le flanc nord de la butte. Les peintres y avaient leurs ateliers parce que rien n’y coûtait cher. L’avenue est percée à partir de 1910, les baraques disparaissent, et à leur place s’élèvent des villas et des maisons d’artistes qui font aujourd’hui l’une des plus belles rues de Paris.
La demeure qui abrite l’hôtel appartient à cette génération de constructions discrètes, invisibles derrière leur mur, avec ce que Paris offre de plus rare : un jardin privé de quelques centaines de mètres carrés au cœur d’un quartier dense. La maison est devenue un hôtel de cinq chambres dans les années deux mille, chacune confiée à un artiste, et le lieu a gardé l’esprit de son quartier, à mi-chemin entre la maison d’amis et le décor de cinéma.
Ce qu’il faut voir dans le quartier
- L’avenue Junot elle-même, ses villas des années vingt et ses ateliers d’artistes.
- La villa Léandre, impasse pavée bordée de maisons de brique qui ressemblent à Londres.
- La maison Tzara, au numéro 15, construite en 1926 par l’architecte autrichien Adolf Loos pour le poète dada Tristan Tzara.
- Le Moulin de la Galette, à deux pas, dernier moulin en état de la butte.
- Le mur du maquis, dont subsistent quelques fragments dans les jardins privés.
En pratique
Avenue Junot, dans le 18e arrondissement, métro Lamarck-Caulaincourt. Le brunch et le bar sont ouverts aux non-résidents, ce qui reste la façon la plus simple de voir le jardin. Pour la version peinte du quartier, il y a le Moulin de la Galette vu par Van Gogh.
Le saviez-vous ?
Le maquis de Montmartre tenait son nom de la végétation qui le couvrait, et il abritait à la fin du XIXe siècle plusieurs centaines de personnes dans des cabanes sans eau ni électricité. Les cartes postales de l’époque le montraient comme une curiosité pittoresque. Les habitants, eux, ont été expulsés sans indemnité au moment du percement de l’avenue.
Entre l’avenue Junot et la rue Lepic, dans le 18e arrondissement, derrière un portail qui ne signale rien. Métro Lamarck-Caulaincourt.
Oui, le bar et le brunch sont ouverts à la clientèle extérieure, sur réservation. C’est la seule façon de voir le jardin.
Un terrain vague couvert de broussailles et de cabanes sur le flanc nord de la butte, habité par des chiffonniers et des artistes, rasé lors du percement de l’avenue Junot à partir de 1910.
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