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SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 15 septembre 2026

Paris

Brassaï, l’œil de Paris la nuit

Portrait du photographe Brassaï
Emiel van Moerkerken, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Brassaï s’appelait Gyula Halász et venait de Brassó, en Transylvanie, dont il a tiré son nom de photographe. Arrivé à Paris en 1924 pour être peintre et journaliste, il s’est mis à la photographie presque par accident, et il a fait ce que personne n’avait osé : sortir la nuit, avec un appareil et un trépied, dans une ville que l’on croyait impossible à photographier après la tombée du jour.

Une histoire : Brassaï et le Paris de nuit

Il vit d’abord de piges pour des journaux hongrois et allemands, traîne dans les cafés de Montparnasse, fréquente Henry Miller, Jacques Prévert, Picasso. C’est Miller qui lui donnera son surnom le plus juste, l’œil de Paris. Vers 1929, il achète un appareil et commence à photographier ce qu’il voit la nuit en rentrant : les pavés mouillés, les réverbères, les brumes, les filles, les voyous, les amoureux, les clochards, les bals musettes.

En 1932 paraît Paris de nuit, soixante-deux photographies en héliogravure, un livre qui change tout. L’image du Paris nocturne, celle que le monde entier a dans la tête, vient de là : l’asphalte qui luit, le halo des lampadaires, les silhouettes noires. Il publie ensuite dans Minotaure et dans Harper’s Bazaar, photographie les graffitis des murs pendant vingt ans, l’atelier de Picasso, les nus, les fêtes.

Naturalisé français, il meurt en 1984 sur la Côte d’Azur. Un jardin porte son nom dans le 14e arrondissement, à deux pas du Montparnasse qu’il a tant arpenté, et ses tirages sont aujourd’hui dans tous les grands musées du monde.

Son Paris

  • Montparnasse, quartier de ses débuts, où il croisait Miller, Prévert et les peintres.
  • Les quais et les ponts de la Seine, ses terrains de chasse nocturnes.
  • Les bals et les cafés de la place d’Italie et de Belleville, mondes que la bourgeoisie ne voyait pas.
  • Le jardin Brassaï, dans le 14e, dernier hommage discret de la Ville à un photographe qui n’était pas né français.

Le saviez-vous ?

Ses nuits duraient des heures pour une image : le film de l’époque exigeait des poses de plusieurs minutes, trépied planté sur le trottoir. Quand un passant entrait dans le champ, il fallait tout recommencer. Le Paris nocturne le plus célèbre du monde a donc été fabriqué par un homme immobile, attendant dans le froid que la rue veuille bien se vider.

D’où vient le nom Brassaï ?

De sa ville natale, Brassó, en Transylvanie, aujourd’hui Brașov en Roumanie. Son vrai nom était Gyula Halász.

Quel est le livre le plus célèbre de Brassaï ?

Paris de nuit, publié en 1932, soixante-deux photographies qui ont fixé pour toujours l’image du Paris nocturne.

Qui a surnommé Brassaï l’œil de Paris ?

L’écrivain américain Henry Miller, qu’il fréquentait à Montparnasse dans les années trente.

Mon carnet de voyage
Brassaï humaniste photographe

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