Le 7 novembre 2019, l’église Saint-Eustache accueille les obsèques de Marie Laforêt. Morte cinq jours plus tôt à Genolier, en Suisse, dont elle avait pris la nationalité, elle est ensuite inhumée au cimetière du Père-Lachaise. Née Maïtena Douménach le 5 octobre 1939 à Soulac-sur-Mer, elle a mené deux vies en même temps, l’une au cinéma, l’autre dans la chanson, et Paris a été le lieu des deux.
Une histoire : Marie Laforêt, du lycée La Fontaine à Plein Soleil
Son père est prisonnier de guerre ; à son retour, la famille vit à Raismes, dans le Nord, où il dirige une fabrique de matériel ferroviaire, puis s’établit à Paris. Maïtena, qui a envisagé d’entrer au couvent, fait ses études au lycée Jean-de-La-Fontaine, dans le 16e, et s’y découvre un goût très vif pour le jeu dramatique.
En 1959, elle remporte le concours « Naissance d’une étoile » organisé par la radio Europe no 1, où elle s’est présentée à la place de sa sœur. Elle décroche un rôle dans un film de Louis Malle, Liberté, qui ne se fera jamais, et suit les cours de Raymond Rouleau. Sa première apparition remarquée a lieu dans Plein Soleil de René Clément, en 1960, face à Alain Delon et Maurice Ronet. Son mari de l’époque, Jean-Gabriel Albicocco, la dirige ensuite dans La Fille aux yeux d’or, d’après Balzac.
La chanson prend le relais. En 1960, elle enregistre avec son ami d’enfance Jacques Higelin la musique de Saint-Tropez Blues ; en février 1963 sort Les Vendanges de l’amour, écrite par Danyel Gérard, qui marque toute sa carrière. Suivent Viens sur la montagne, La Tendresse, Manchester et Liverpool, puis un répertoire de plus en plus personnel, puisé dans les folklores des deux Amériques et de l’Europe.
Ses scènes parisiennes
- L’Olympia, où elle donne en 1969 un récital enregistré sur disque.
- Bobino, l’année suivante, en 1970.
- Le Théâtre de la Ville, en 1971 et 1972, avant de longues années loin du tour de chant.
- Les Bouffes-Parisiens, du 12 au 24 septembre 2005, pour son premier tour de chant depuis 1972, joué à guichets fermés.
- L’église Saint-Eustache, où ses obsèques sont célébrées le 7 novembre 2019.
Le théâtre, sur le tard
Au tournant des années 2000, Marie Laforêt joue Maria Callas dans Master Class, un rôle qui lui vaut une nomination aux Molières en 2000. Elle remplace ensuite Isabelle Mergault dans La presse est unanime, de Laurent Ruquier, en 2003, et joue un mois à l’Espace Cardin en 2004. Elle repose depuis novembre 2019 au cimetière du Père-Lachaise, dans la 49e division.
Le saviez-vous ?
Marie Laforêt a aussi écrit des paroles sous un autre nom, Françoise They. Et le concours radiophonique qui l’a lancée en 1959 ne lui était pas destiné : elle y remplaçait sa sœur Alexandra. Un hasard de famille a donc donné à la chanson française l’une de ses voix les plus reconnaissables.
Au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, dans la 49e division. Ses obsèques ont été célébrées le 7 novembre 2019 en l’église Saint-Eustache.
Plein Soleil, de René Clément, sorti en 1960, où elle donne la réplique à Alain Delon et Maurice Ronet.
Les Vendanges de l’amour, Viens sur la montagne, La Tendresse, Manchester et Liverpool, et Marie douceur, Marie colère.
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