Le 8 décembre 2017, aux Invalides, Emmanuel Macron dépose un crayon sur un cercueil. Celui de Jean d’Ormesson, né le 16 juin 1925 dans le 7e arrondissement de Paris et mort le 5 décembre à Neuilly-sur-Seine, à quatre-vingt-douze ans. Le président salue un écrivain qui fut, dit-il, un « antidote à la grisaille des jours ».
Une histoire : Jean d’Ormesson, l’enfant de la rive gauche
Il est le fils cadet d’André d’Ormesson, ambassadeur de France et ami de Léon Blum, et le neveu de l’ambassadeur Wladimir d’Ormesson. Après une enfance au château de Saint-Fargeau, dans l’Yonne, et au gré des missions de son père, en Bavière, en Roumanie et au Brésil, il fait hypokhâgne au lycée Henri-IV et entre à dix-neuf ans, en 1944, à l’École normale supérieure. Il obtient l’agrégation de philosophie en 1949, à la troisième tentative, contre l’avis de son professeur Louis Althusser.
Il enseigne un peu le grec et la philosophie au lycée Jacques-Decour, écrit pour Paris Match, et vit chez ses parents, au 97 rue du Bac, jusqu’à son mariage, à trente-sept ans. L’appartement occupe une partie d’un hôtel particulier de 1722, habité de 1809 à 1824 par Constance de Théis, princesse de Salm-Dyck, puis sous le Second Empire par le maréchal Vaillant. Le 2 avril 1962, il épouse dans le 16e arrondissement Françoise Béghin, fille de Ferdinand Béghin, administrateur du Figaro.
Son premier roman, L’amour est un plaisir, paraît en 1956 et se vend à deux mille exemplaires, même si son éditeur Julliard voit en lui un « frère de Sagan ». Le succès vient en 1971 avec La Gloire de l’Empire, cent mille exemplaires et le grand prix du roman de l’Académie française.
La Coupole et Le Figaro
Le 18 octobre 1973, Jean d’Ormesson est élu à l’Académie française, au fauteuil 12, celui de Jules Romains. Un mois plus tôt, le 15 septembre, son oncle Wladimir, qui occupait le fauteuil 13, est mort. Il est reçu sous la Coupole le 6 juin 1974 par Thierry Maulnier. De 1974 à 1977, il dirige Le Figaro. À l’Académie, il fait campagne pour Marguerite Yourcenar, première femme élue en 1980, et répond à son discours de réception en 1981. Pendant plus de quarante ans, il en est l’ambassadeur à la télévision.
Ses lieux parisiens
- Le 7e arrondissement, où il naît le 16 juin 1925.
- Le lycée Henri-IV et l’École normale supérieure, rue d’Ulm, ses années de formation.
- Le 97 rue du Bac, l’appartement de ses parents, où il vit jusqu’en 1962.
- L’Institut de France, quai de Conti, où siège l’Académie française, qu’il rejoint en 1973.
- Les Invalides, où la messe est célébrée en la cathédrale Saint-Louis puis l’hommage national rendu le 8 décembre 2017.
Le saviez-vous ?
Jean d’Ormesson est entré de son vivant dans la Pléiade de Gallimard, en 2015, honneur rarissime ; un second volume a suivi en 2018. Il n’a pas été inhumé dans la chapelle familiale du Père-Lachaise, dans la 56e division : dès 2014, il avait prévenu que « ce caveau est plein comme un œuf » et qu’il devrait « se faire cendres ». Pour l’histoire de ce nom et de ceux qui l’ont porté avant lui, du procès Fouquet à la rue d’Ormesson, il faut lire l’histoire de la famille d’Ormesson.
Dans le 7e arrondissement de Paris, le 16 juin 1925. Il est mort le 5 décembre 2017 à Neuilly-sur-Seine.
Le 18 octobre 1973, au fauteuil 12, succédant à Jules Romains. Il a été reçu le 6 juin 1974 par Thierry Maulnier.
En hommage à l’écrivain, lors de l’hommage national rendu aux Invalides le 8 décembre 2017, après un discours saluant un « antidote à la grisaille des jours ».
Dans la même rubrique
Personnalités
Claudia Cardinale, Parisienne par choix
21 octobre 2019
Jean-Paul Sartre : Les Méandres de l'Esprit
29 mai 2019
Françoise Hardy, la mélancolie du 9e
26 mai 2019
Grace Kelly et Paris, du sac Hermès aux ateliers Dior
23 mai 2019
Karl Lagerfeld, un Hambourgeois dans Paris
19 février 2019
Marie Laforêt, la fille aux yeux d’or de Paris
13 janvier 2019
Claudine Auger, la Parisienne qui fut la première James Bond girl française
18 novembre 2018
Charles Aznavour, mille trois cents chansons
2 octobre 2018