En 1952, une mère et son fils quittent l’Allemagne pour Paris, alors capitale de la mode. Le garçon, Karl Lagerfeld, né le 10 septembre 1933 à Hambourg, va passer le reste de sa vie dans la ville. Il y meurt le 19 février 2019, à l’hôpital américain de Neuilly, après avoir dirigé Chanel pendant trente-six ans.
Une histoire : Karl Lagerfeld, parisien d’adoption
Élève d’une école privée, puis du lycée Montaigne, il passe son temps libre à arpenter les rues et à s’enfermer dans les salles obscures : « J’allais au cinéma, de la première séance à la dernière, pour travailler mon accent français. » Ses dessins lui permettent de gagner sa vie comme illustrateur de mode dès 1954.
Le 25 novembre de cette année-là, il remporte le premier prix du concours du Secrétariat international de la laine dans la catégorie des manteaux ; le trophée des robes du soir revient à un autre débutant, Yves Saint Laurent. Pierre Balmain, membre du jury, l’engage comme assistant. Il passe ensuite chez Jean Patou, puis choisit la liberté du styliste indépendant.
En 1963 commence sa collaboration avec Chloé, qui durera de 1963 à 1983 puis de 1992 à 1997, et fait de lui une vedette des années 1970. À partir de 1965, il dessine aussi pour la maison italienne Fendi, jusqu’à sa mort. En 1983, il prend la direction artistique de Chanel, rue Cambon, et ne la quittera plus.
Ses adresses parisiennes
- La place Saint-Sulpice, où il habite d’abord, face à l’église.
- L’hôtel Pozzo di Borgo, dont il occupe une aile à partir de 1978, avec ses collections de mobilier du XVIIIe siècle.
- Le 17 quai Voltaire, où il s’installe en 2010 et vit jusqu’à sa mort, en face du Louvre.
- La rue de Lille, dans le 7e, où il possède la librairie 7L, spécialisée dans la photographie, et la maison d’édition du même nom.
- Le Grand Palais, où il met en scène les défilés Chanel et, en 2012, la Biennale des antiquaires.
Le photographe et le décorateur
Lagerfeld photographie aussi, et beaucoup : ses livres paraissent chez l’éditeur allemand Gerhard Steidl, et la Pinacothèque de Paris expose son travail, A Visual Journey, du 16 octobre 2015 au 20 mars 2016. Quand l’hôtel de Crillon ferme pour quatre ans de travaux, en 2013, l’architecte Aline Asmar d’Amman l’invite à repenser ses Grands Appartements. En avril 2000, contraint par un contentieux fiscal, il avait fait vendre par Christie’s, à Monaco, sa collection de mobilier et d’objets d’art du XVIIIe siècle français.
Le saviez-vous ?
Le 5 mars 2019, deux semaines après sa mort, le public du Grand Palais applaudit sans lui sa dernière collection Chanel, présentée dans un décor de village de montagne sous la verrière. Ses obsèques avaient été célébrées le 22 février à Nanterre, avant sa crémation. Le Grand Palais, dont il avait fait son théâtre, lui a ainsi rendu un dernier salut.
Depuis 1952, quand il s’installe à Paris avec sa mère. Il y suit les cours du lycée Montaigne avant de devenir illustrateur de mode.
Place Saint-Sulpice, puis à partir de 1978 dans une aile de l’hôtel Pozzo di Borgo, et enfin, de 2010 à sa mort, au 17 quai Voltaire.
En 1983, comme directeur artistique de la maison de haute couture. Il la dirige jusqu’à sa mort, le 19 février 2019.
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