Aller au contenu
SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 15 septembre 2026

9e Arrt
boulevardHaussmann
Paris

Haussmann, l’homme qui a redessiné Paris

Portrait du baron Haussmann, préfet de la Seine, peint par Adolphe Yvon
Adolphe Yvon, musée Carnavalet, domaine public, via Wikimedia Commons

Quand on parle d’un immeuble parisien, on dit haussmannien, et personne ne demande pourquoi. Haussmann, Georges Eugène de son prénom, né à Paris le 27 mars 1809 et mort dans la même ville le 11 janvier 1891, fut préfet de la Seine de 1853 à 1870. En dix-sept ans, il a percé, démoli, aligné et rebâti la capitale au point que nous vivons encore dans son plan.

Une histoire : ce que Haussmann a vraiment fait

Il n’a pas tout inventé. Le principe des grandes percées existait avant lui, dans les cartons de la commission Siméon et dans les projets de ses prédécesseurs à la préfecture. Ce qu’il apporte, c’est une méthode et une brutalité : exproprier vite, emprunter énormément, et mener de front des dizaines de chantiers. Napoléon III lui donne les moyens, la Ville s’endette, les vieux quartiers tombent.

Le programme est d’une cohérence redoutable. Percer des avenues pour relier les gares entre elles et faire circuler l’air autant que les troupes. Reconstruire les réseaux : avec l’ingénieur Eugène Belgrand, Paris reçoit une adduction d’eau moderne et un réseau d’égouts que l’on visite encore. Planter, avec Adolphe Alphand, les parcs et les squares qui manquaient. Bâtir des églises, des théâtres, deux gares, des abattoirs, des marchés. Et en 1859, étendre la ville en annexant les communes voisines, ce qui donne à Paris ses vingt arrondissements.

Le prix fut lourd. Des quartiers entiers de l’île de la Cité et du centre ont disparu, avec leurs habitants, renvoyés vers les faubourgs. La spéculation a enrichi quelques-uns, la dette a inquiété l’Assemblée, et Haussmann, attaqué de toutes parts, est révoqué en janvier 1870, quelques mois avant la chute de l’Empire. Il a laissé une ville, et une querelle qui dure encore entre ceux qui pleurent le Paris d’avant et ceux qui respirent dans celui d’après.

Reconnaître un immeuble haussmannien

  • La pierre de taille blonde en façade, et l’alignement strict sur la rue : la hauteur est proportionnelle à la largeur de la voie.
  • Le rez-de-chaussée commerçant, l’entresol bas, puis le deuxième étage dit noble, avec son balcon filant.
  • Le cinquième étage, second balcon filant, et sous les combles le sixième, celui des chambres de service, mansardé sous un toit de zinc à 45 degrés.
  • Les refends horizontaux qui rythment la pierre, et les garde-corps de fonte moulée, presque toujours les mêmes d’un immeuble à l’autre.
  • La cour intérieure, obligatoire, où passaient l’eau, le charbon et les livreurs.

Suivre Haussmann dans Paris

Le boulevard Haussmann porte son nom, mais c’est ailleurs qu’on le comprend le mieux : dans la perspective de l’avenue de l’Opéra, dans les carrefours en étoile, ou dans les photographies de Charles Marville, chargé par la Ville de photographier les rues avant leur démolition. Pour voir ce que le baron a épargné, il faut se glisser dans les passages couverts, antérieurs à lui, ou pousser la porte de la galerie Vivienne, qui date de 1823.

Le saviez-vous ?

Haussmann n’était pas baron. Le titre est une habitude parisienne, reprise par la presse et jamais démentie par l’intéressé, qui ne détestait pas la particule. Il signait Georges Eugène Haussmann, préfet de la Seine, et cela lui suffisait amplement.

Qui était le baron Haussmann ?

Georges Eugène Haussmann (1809-1891), haut fonctionnaire nommé préfet de la Seine par Napoléon III de 1853 à 1870. Il a dirigé les transformations de Paris sous le Second Empire.

Qu’a fait Haussmann à Paris ?

Il a percé les grands boulevards, reconstruit les réseaux d’eau et d’égouts avec Belgrand, créé parcs et squares avec Alphand, bâti églises, théâtres et gares, et fait annexer en 1859 les communes voisines, donnant à Paris ses vingt arrondissements.

Pourquoi Haussmann a-t-il été renvoyé ?

Pour le coût de ses chantiers. L’endettement de la Ville et les critiques politiques ont conduit à sa révocation en janvier 1870, quelques mois avant la fin du Second Empire.

Mon carnet de voyage
avenue Daumesnil avenue de la République baron Haussmann boulevard Barbès boulevard Beaujon boulevard du Prince-Eugène boulevard Magenta boulevards de Strasbourg de Sébastopol Haussmann Haussmann préfet Haussmannien Napoléon III rue de Rivoli rue de Turbigo rue des Pyrénées rue du Havre

Laisser un mot