Aller au contenu
SECRET PARISIEN

Paris, le mercredi 23 septembre 2026

8e Arrt
placede la Concorde
Histoire

Le plus vieux monument de Paris donne l’heure au soleil

L'obélisque de Louxor sous le soleil rasant d'hiver, pyramidion doré étincelant au-dessus de la place de la Concorde
Guilhem Vellut, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Le doyen des monuments parisiens cumule les emplois. Taillé il y a environ 3 300 ans pour le temple de Louxor, dressé place de la Concorde en 1836, l’obélisque de Ramsès II sert aussi d’aiguille au cadran solaire de la Concorde, le plus démesuré de France : des lignes de bronze et des chiffres romains incrustés dans les pavés transforment la moitié nord de la place en horloge, et l’ombre du pyramidion doré y promène l’heure au fil de la journée. Il suffit de baisser les yeux, ce que personne ne fait jamais place de la Concorde.

Une histoire : l’idée de Flammarion, le solstice de 1999

L’idée est ancienne et très parisienne. Dès 1913, l’astronome Camille Flammarion, calculs à l’appui, propose de tracer un cadran géant autour de l’obélisque : le projet séduit, s’enlise, s’oublie. Il ressurgit en 1939 sous le crayon de Daniel Roguet, mais la guerre balaie les travaux à peine esquissés. Il faut attendre la fin du millénaire pour que la Ville achève enfin le geste : le 21 juin 1999, jour du solstice d’été, le cadran est inauguré, lignes de bronze scellées entre les pavés et chiffres romains posés en arc de cercle côté rue Royale. Quatre-vingt-six ans de patience pour une horloge sans mécanisme.

Le principe est d’une simplicité pharaonique : l’obélisque joue le gnomon, cette tige dont l’ombre marque l’heure. À midi solaire, l’ombre file plein nord vers la ligne méridienne ; matin et soir, elle balaie les heures romaines gravées de part et d’autre. Comptez le décalage réglementaire, une heure d’avance en hiver, deux en été, et vous lirez l’heure légale sur un instrument dessiné sous Ramsès II.

Lire le cadran solaire de la Concorde pas à pas

Postez-vous entre l’obélisque et la rue Royale par temps franc, repérez l’ombre de la pointe, puis cherchez sous vos pieds la ligne de bronze la plus proche : chaque rayon aboutit à un chiffre romain incrusté dans le granit. L’exercice amuse d’autant plus que la place de la Concorde fut précisément dessinée comme un théâtre du ciel, vaste, dégagée, sans ombre parasite : l’endroit rêvé pour l’astronomie de trottoir.

  • Le pyramidion de bronze doré, posé en 1998, qui rend à l’obélisque sa pointe étincelante d’origine.
  • Les hiéroglyphes à la gloire de Ramsès II, parfaitement lisibles sur les quatre faces.
  • Les diagrammes dorés du piédestal, qui racontent l’érection du monolithe le 25 octobre 1836 devant Louis-Philippe.
  • Les lignes de bronze et les chiffres romains du cadran, incrustés dans le pavage côté rue Royale.

Le saviez-vous ?

L’obélisque avait un jumeau, resté devant le temple de Louxor : offerts tous deux à la France par Méhémet Ali, seul le premier fit le voyage, trois ans d’épopée fluviale et maritime à bord d’un navire construit exprès. Le second attendit son tour jusqu’en 1981, quand la France renonça officiellement à ce cadeau trop lourd. L’Égypte garde donc son obélisque, et Paris garde la plus vieille aiguille d’horloge du monde.

Comment lire le cadran solaire de la Concorde ?

Par temps ensoleillé, suivez l’ombre du pyramidion doré sur la moitié nord de la place : des lignes de bronze incrustées dans les pavés mènent à des chiffres romains. Ajoutez une heure en hiver et deux en été au temps solaire pour retrouver l’heure légale.

De quand date ce cadran solaire géant ?

L’idée revient à l’astronome Camille Flammarion en 1913, relancée en 1939 par Daniel Roguet puis interrompue par la guerre. Le cadran n’a été achevé et inauguré que le 21 juin 1999, jour du solstice d’été.

Quel âge a l’obélisque de la Concorde ?

Environ 3 300 ans : taillé sous Ramsès II pour le temple de Louxor, il est le plus vieux monument de Paris. Offert par Méhémet Ali, il a été érigé place de la Concorde le 25 octobre 1836 devant le roi Louis-Philippe et une foule immense.

Mon carnet de voyage
cadran solaire Camille Flammarion insolite obélisque place de la Concorde Ramsès II