Avant les foules et les files d’attente, il y avait une tour de guet au bord de la Seine, destinée à surveiller l’amont du fleuve. Le musée du Louvre est né de cette forteresse, agrandie pendant quatre siècles par des rois qui ne s’accordaient que sur un point : il fallait bâtir encore. Ouvert aux citoyens en 1793, il est aujourd’hui le musée le plus visité du monde, et l’un des rares palais dont on puisse lire l’histoire sur les murs.
Une histoire : ce que le musée du Louvre a été avant
Forteresse défensive au départ, le Louvre devient résidence royale, puis chantier permanent. Chaque règne ajoute une aile, en démolit une autre, laisse un projet inachevé. La pièce maîtresse de cette accumulation est la façade orientale, la colonnade, élevée entre 1667 et 1670 sur cent quatre-vingt-trois mètres : un chef-d’œuvre du classicisme français dont personne ne sait dire avec certitude qui l’a dessinée. Louis Le Vau, premier architecte du roi, Charles Le Brun, premier peintre, Claude Perrault, médecin devenu architecte, et peut-être François d’Orbay y ont tous mis la main. On l’appelle colonnade de Perrault par habitude, pas par preuve.
Elle devait devenir l’entrée principale du palais et abriter les appartements de Louis XIV. Elle n’a jamais servi à cela : le roi et la cour sont partis pour Versailles avant la fin du chantier, et le Louvre est resté une coquille magnifique, occupée par des académies, des ateliers d’artistes et même des logements de fortune installés sous les combles.
La Révolution tranche. En 1793, le palais devient musée et ouvre ses collections au public. S’y déploient aujourd’hui, sur plus de soixante-treize mille mètres carrés d’exposition, l’art occidental du Moyen Âge à 1848 et les civilisations antiques qui l’ont précédé, répartis en huit départements : Antiquités égyptiennes, Antiquités grecques, étrusques et romaines, Antiquités orientales, Arts de l’Islam, Peintures, Sculptures, Objets d’art et Arts graphiques. Environ trente-cinq mille œuvres sont exposées, dont les plus anciennes ont plus de sept mille ans.
Ce qu’il faut regarder avant d’entrer
- La colonnade, côté rue de l’Amiral-de-Coligny : ses colonnes jumelées sont l’invention qui a fait école dans toute l’Europe.
- Les fossés médiévaux, dégagés sous la cour Carrée et visibles dans les salles du Louvre médiéval : la base de la tour de Philippe Auguste est toujours là.
- La cour Carrée au crépuscule, quand les projecteurs rasent les sculptures.
- Le guichet du Carrousel et la perspective qui file jusqu’à l’Arc de triomphe : l’axe historique de Paris commence ici.
- Les combles et les toitures, longtemps habités par des artistes logés par le roi puis par la République.
Le musée du Louvre en pratique
Entrée principale par la cour Napoléon, rue de Rivoli, dans le 1er arrondissement. La fiche d’adresse du carnet, avec horaires et conseils d’affluence, est ici : Musée du Louvre. Pour compléter la visite, le musée des Arts décoratifs occupe l’aile de Marsan, dans le même palais, et Hubert Robert, peintre des ruines et l’un des premiers conservateurs du Louvre, a passé sa vie à imaginer ces salles.
Le saviez-vous ?
Le musée est né d’une décision politique, mais il doit sa forme à un peintre. Hubert Robert, nommé garde des tableaux, a dessiné dès les années 1790 le projet d’une Grande Galerie éclairée par le haut, avec des verrières et des séparations : c’est encore, pour l’essentiel, ainsi que l’on accroche aujourd’hui. Il avait aussi peint la même galerie en ruine, envahie par la végétation, pour rappeler à ses contemporains que rien ne dure.
Depuis 1793 : la Révolution a transformé l’ancien palais royal en musée ouvert au public. Avant cela, le Louvre était une forteresse puis une résidence des rois de France.
Environ trente-cinq mille, sur plus de soixante-treize mille mètres carrés, réparties en huit départements, du Moyen Âge à 1848 pour l’art occidental, et beaucoup plus loin pour les antiquités.
La façade orientale du palais, longue de cent quatre-vingt-trois mètres, édifiée entre 1667 et 1670. Son attribution reste discutée entre Le Vau, Le Brun et Claude Perrault, dont elle porte le nom par tradition.
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