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SECRET PARISIEN

Paris, le samedi 19 septembre 2026

1er Arrt
ruede Viarmes
Vestiges 1er arrondissement

La colonne Médicis

2 rue de Viarmes, 75001 Paris

La colonne Médicis, fût cannelé de la Renaissance accolé à la rotonde de la Bourse de commerce
Patrick Janicek, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Elle monte le long de la Bourse de commerce comme une cheminée d’un autre âge, cannelée, sévère, coiffée d’une cage de fer. La colonne Médicis est un vestige au sens le plus strict : tout ce qui l’entourait a disparu. Le palais dont elle flanquait la cour a été rasé en 1748, et depuis deux cent soixante-dix-huit ans, elle tient debout toute seule, sans autre fonction que d’être restée.

Le palais évanoui de Catherine de Médicis

En 1572, la reine mère achète l’hôtel d’Albret, près des Halles, et y fait bâtir par Jean Bullant une vaste résidence, celle qu’on appellera plus tard l’hôtel de Soissons. La colonne en fait partie dès l’origine : un fût creux d’ordre toscan, avec un escalier en vis à l’intérieur et une plate-forme au sommet. Au dix-huitième siècle, le palais endetté est démoli et le terrain vendu. La colonne seule est épargnée, rachetée puis offerte à la Ville, dit-on, par l’écrivain Petit de Bachaumont ; l’anecdote est répétée partout depuis, sans qu’une pièce d’archives l’établisse fermement. Vers 1763, quand Le Camus de Mézières élève la halle au blé circulaire, future Bourse de commerce, la vieille colonne y est accolée, et on lui greffe un cadran solaire et une fontaine.

Elle est classée monument historique depuis 1862, sous l’intitulé sobre d’ancien hôtel de Soissons. Le classement dit tout : elle est le palais, ou du moins tout ce qu’il en reste.

Ce qu’il faut voir au pied de la colonne Médicis

  • Les cannelures et les initiales entrelacées gravées dans la pierre, usées par quatre siècles et demi de pluie.
  • Le cartouche sculpté et la fontaine ajoutés au dix-huitième siècle, côté rue de Viarmes.
  • La cage de fer au sommet, sur la plate-forme d’observation d’origine.
  • Le contraste avec la rotonde de la Bourse de commerce, à laquelle la colonne semble greffée.
  • Les deux panneaux municipaux à son pied, qui débrouillent l’histoire du monument.

La voir, et autour

Rue de Viarmes, contre la Bourse de commerce, dans le 1er arrondissement ; métro Louvre-Rivoli ou Les Halles. La colonne se contemple depuis la rue à toute heure ; l’escalier intérieur ne se visite pas. Le quartier prolonge la promenade vers la galerie Véro-Dodat et le Palais-Royal, et l’époque de Catherine se retrouve au musée Carnavalet.

Le saviez-vous ?

On présente volontiers la colonne comme l’observatoire de Catherine de Médicis et de son astrologue Ruggieri, guettant les astres au-dessus de Paris. La plate-forme existe bel et bien, mais aucune source d’époque connue ne décrit cet usage. Le flottement des noms trahit d’ailleurs l’embarras des siècles : colonne astronomique pour les uns, colonne de l’Horoscope pour d’autres, colonne Médicis pour tout le monde. Même sa hauteur, trente et un mètres selon la tradition, et ses cent quarante-sept marches, circulent de livre en livre sans qu’on sache qui les a comptées le premier. Une colonne pleine de chiffres ronds et de certitudes molles : voilà peut-être son vrai mystère.

Qu’est-ce que la colonne Médicis ?

Le seul vestige du palais bâti pour Catherine de Médicis près des Halles à partir de 1572, devenu hôtel de Soissons puis démoli en 1748. La colonne est aujourd’hui accolée à la Bourse de commerce.

Peut-on monter dans la colonne Médicis ?

Non, l’escalier en vis intérieur ne se visite pas. La colonne se contemple librement depuis la rue de Viarmes, à toute heure.

Catherine de Médicis observait-elle les étoiles depuis la colonne ?

C’est la tradition, avec son astrologue Ruggieri, mais aucune source d’époque connue ne le prouve. La plate-forme sommitale existe, l’usage astrologique reste une légende.

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