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SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 15 septembre 2026

Paris

La statue de la Liberté est parisienne

La réplique de la statue de la Liberté à la pointe de l'île aux Cygnes, à Paris
GFreihalter, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Les Américains la croient née à New York. La statue de la Liberté est pourtant parisienne de naissance : imaginée dans un salon de Versailles, dessinée par un Alsacien, calculée par l’ingénieur de la tour Eiffel, martelée feuille à feuille dans un atelier du 17e arrondissement, puis montée en pleine rue, au-dessus des toits, où les Parisiens venaient la voir grandir.

Une histoire : la statue de la Liberté avant l’Amérique

L’idée revient à l’académicien Édouard de Laboulaye, qui suggère dès 1865 que la France offre une œuvre aux États-Unis pour le centenaire de leur indépendance. Le sculpteur Auguste Bartholdi s’en empare. Viollet-le-Duc choisit le cuivre repoussé, puis meurt ; Gustave Eiffel prend le relais et conçoit le pylône de fer qui tient la statue debout. Trois cents feuilles de cuivre sont battues au maillet de bois chez le fondeur Gaget, Gauthier et Cie, rue de Chazelles, et la Liberté est assemblée sur un terrain voisin, de 1881 à 1884.

Elle dépasse alors les toits de la plaine Monceau. On la visite contre un droit d’entrée, on monte à l’intérieur, Victor Hugo vient la saluer en novembre 1884. Puis on la démonte en trois cent cinquante pièces, réparties dans deux cent quatorze caisses, et deux trains l’emportent vers Rouen. Elle arrive à New York le 17 juin 1885 et y est inaugurée le 28 octobre 1886.

Les quatre Libertés parisiennes

  • L’île aux Cygnes, à la pointe aval, au quart de la taille de la new-yorkaise : onze mètres cinquante, quatorze tonnes, fondue par Thiébaut frères, offerte par le comité des Américains de Paris et inaugurée par le président Carnot le 4 juillet 1889. Tournée vers l’est pour ne pas montrer le dos à l’Élysée, elle n’a été retournée vers New York qu’en 1937.
  • Le modèle original en plâtre, achevé en 1878, légué par la veuve de Bartholdi en 1907 avec le fonds de l’atelier : il est au musée des Arts et Métiers.
  • Le premier bronze tiré de ce plâtre, offert en 1900, planté au jardin du Luxembourg en 1906, mis à l’abri au musée d’Orsay depuis 2012 après le vol de sa torche, et remplacé dans le jardin par une copie.
  • La Flamme de la Liberté, réplique à l’échelle du flambeau, posée place de l’Alma en 1989, à quelques pas du pont de l’Alma.

Où voir la Liberté parisienne

La plus spectaculaire se rejoint par l’île aux Cygnes, cette digue plantée de huit cent cinquante mètres que l’on prend au pont de Bir-Hakeim et que l’on quitte au pont de Grenelle. Au 25 rue de Chazelles, dans le 17e arrondissement, il ne reste rien de l’atelier : un immeuble ordinaire, et le souvenir d’une géante qui dépassait des toits.

Le saviez-vous ?

Pour financer la fin du chantier, l’atelier vendait des Liberté miniatures portant le nom de Gaget moulé sur le socle. Les visiteurs américains repartaient avec leur petit Gaget, et la légende veut que le mot gadget soit né de cette prononciation. L’histoire n’est pas prouvée, mais elle est trop belle pour qu’on la laisse tomber.

Où a été construite la statue de la Liberté ?

À Paris, dans les ateliers Gaget, Gauthier et Cie, au 25 rue de Chazelles dans le 17e arrondissement, où elle fut assemblée de 1881 à 1884 avant d’être démontée et expédiée à New York.

Combien y a-t-il de statues de la Liberté à Paris ?

Quatre principales : la réplique de l’île aux Cygnes, le plâtre original au musée des Arts et Métiers, le premier bronze au musée d’Orsay avec sa copie au jardin du Luxembourg, et la Flamme de la Liberté place de l’Alma.

Pourquoi la Liberté de l’île aux Cygnes regarde-t-elle vers l’ouest ?

Elle avait d’abord été tournée vers l’est pour ne pas montrer le dos à l’Élysée lors de son inauguration en 1889. Elle a été retournée vers New York en 1937, conformément au souhait de Bartholdi.

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Bartholdi Edouard de Laboulaye Gustave Eiffel

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