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SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 15 septembre 2026

2e Arrt
ruedes Petits-Champs
Paris

La galerie Vivienne, le luxe de 1823

La rotonde de la galerie Vivienne et sa coupole de verre, à Paris
Guilhem Vellut, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Il y a les passages que l’on traverse et celui où l’on ralentit. La galerie Vivienne déroule cent soixante-seize mètres de mosaïques au sol, des demi-lunes ornées de caducées et de cornes d’abondance, et une rotonde coiffée d’une coupole de verre où des nymphes veillent sur les passants. Tout, ici, a été pensé pour faire croire au commerce qu’il était un art.

Une histoire : pourquoi la galerie Vivienne a été bâtie

Nous sommes en 1823. Le président de la Chambre des notaires, Louis-Auguste Marchoux, achète trois hôtels particuliers entre la rue des Petits-Champs et la rue Vivienne, les fait abattre et confie à l’architecte François-Jacques Delannoy le soin d’ouvrir une galerie couverte. Le calcul est simple : capter le flot qui descend des boulevards vers le quartier de la Bourse. La galerie s’appelle d’abord Marchoux, du nom de son propriétaire, avant de prendre en 1825 celui de la rue Vivienne.

Delannoy dessine un décor néoclassique d’inspiration pompéienne : guirlandes, déesses, ancres et caducées, ces emblèmes du commerce et de la navigation qui disent le programme. Les mosaïques du sol, à fond de terrazzo, sont signées Giandomenico Facchina et Mazzioli, les mêmes qui travaillaient alors pour les grands chantiers parisiens. La grande galerie, quarante-deux mètres, débouche sur la rotonde vitrée, dont la coupole hémisphérique est d’origine.

On y trouve dès les premières années des tailleurs, des bottiers, des marchands de vin, des opticiens, un libraire fondé en 1829, et même un spectacle, le Cosmorama, venu du Palais-Royal. La galerie décline avec le Second Empire, s’endort un siècle, puis se réveille en beauté : elle est inscrite aux monuments historiques le 7 juillet 1974, et la mode la redécouvre. Jean Paul Gaultier y installe une boutique dans les années 1980, et la galerie redevient ce qu’elle était, une adresse que l’on donne.

Ce qu’il faut regarder

  • Les mosaïques du sol, motifs géométriques sobres à la manière des trottoirs de la rue de Rivoli, restaurées mais d’un dessin d’origine.
  • La rotonde et sa coupole de verre, meilleur endroit pour comprendre la lumière des passages.
  • Les demi-lunes au-dessus des vitrines, avec leurs ancres, leurs caducées et leurs cornes d’abondance.
  • L’escalier du numéro 13, dit escalier Vidocq, souvenir du plus célèbre des anciens bagnards devenu chef de la Sûreté, qui logea dans l’immeuble.
  • La librairie ancienne, dernière survivante des commerces de 1829.

La galerie Vivienne en pratique

Trois entrées : 4 rue des Petits-Champs, 5 et 7 rue de la Banque, 6 rue Vivienne, dans le 2e arrondissement. Métro Bourse. La fiche du carnet, avec les horaires, est ici : la galerie Vivienne. En sortant côté Petits-Champs, le Palais-Royal est à deux minutes, et la bibliothèque Richelieu juste derrière : trois siècles d’élégance parisienne en un quart d’heure de marche.

Le saviez-vous ?

La galerie doit sa fortune récente à un défilé confidentiel. En 1970, un jeune créateur japonais installé à Paris y organise une présentation de mode dans un lieu que personne ne regardait plus : Kenzo. La presse suit, les photographes découvrent la lumière de la rotonde, et la galerie Vivienne redevient un décor.

Quand la galerie Vivienne a-t-elle été construite ?

En 1823, sur l’initiative du président de la Chambre des notaires Louis-Auguste Marchoux et sur les plans de l’architecte François-Jacques Delannoy. Elle s’appelait alors galerie Marchoux et fut rebaptisée Vivienne en 1825.

Quelle est la longueur de la galerie Vivienne ?

Cent soixante-seize mètres pour trois mètres de large, dont une grande galerie de quarante-deux mètres qui débouche sur une rotonde couverte d’une coupole de verre.

La galerie Vivienne est-elle classée ?

Elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 7 juillet 1974. Le passage appartient à une copropriété privée mais reste ouvert librement aux piétons en journée.

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