Paris capitale de la mode n’est pas une formule de brochure : c’est le résultat d’une politique, d’une invention commerciale et d’une protection juridique. Le roi a lancé l’affaire, un couturier anglais l’a industrialisée, et une chambre syndicale l’a verrouillée. Trois siècles plus tard, deux mots restent protégés par la loi française : haute couture.
Une histoire : Paris capitale de la mode, en trois étapes
Sous Louis XIV, rien n’a plus d’importance que l’apparence : Colbert fait des manufactures de soie, de dentelle et de glace une affaire d’État, et la cour devient une vitrine permanente où l’on ruine les nobles en habits. Les gravures de mode françaises circulent dans toute l’Europe, et les marchandes de modes parisiennes, dont Rose Bertin, habilleuse de Marie-Antoinette, sont les premières à imposer leur nom.
Le basculement moderne date de 1858, quand un Anglais installé rue de la Paix, Charles Frederick Worth, invente la maison de couture telle que nous la connaissons : il ne suit plus les instructions de ses clientes, il propose des modèles, les fait défiler sur des femmes vivantes, les signe et les vend à des acheteurs étrangers. La mode cesse d’être un artisanat de commande pour devenir une création d’auteur.
Le système se dote ensuite de ses institutions : une chambre syndicale à la fin du XIXe siècle, un calendrier de présentations, et une appellation protégée, celle de haute couture, que seules quelques maisons peuvent porter selon des critères stricts. Les revues font le reste. La Gazette du Bon Ton, publiée à partir de 1912, fait dessiner les modèles par des illustrateurs plutôt que photographier : ses planches au pochoir, comme celle qui ouvre cet article, ont fait rêver le monde entier.
Les lieux de la mode à Paris
- La rue de la Paix et la place Vendôme, berceau des premières maisons de couture et de la joaillerie.
- L’avenue Montaigne et le faubourg Saint-Honoré, où le luxe s’est installé au XXe siècle.
- Le palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris et ses deux cent mille pièces.
- Le musée des Arts décoratifs, qui conserve l’une des plus grandes collections de mode et de textile au monde.
- Le Grand Palais, décor des défilés les plus spectaculaires depuis les années deux mille.
Le saviez-vous ?
L’appellation haute couture est protégée en France par un arrêté : une maison ne peut s’en réclamer que si elle emploie un nombre minimum de personnes dans ses ateliers parisiens, réalise ses modèles sur mesure et présente chaque saison un nombre imposé de pièces. Une poignée de maisons seulement y ont droit. C’est le seul métier créatif au monde dont le nom soit défini par un texte réglementaire.
Par une politique volontariste dès Louis XIV et Colbert, l’invention de la maison de couture par Charles Frederick Worth en 1858, et la protection juridique de l’appellation haute couture.
Charles Frederick Worth, couturier anglais installé rue de la Paix à Paris, considéré comme le fondateur de la maison de couture moderne : modèles proposés, défilés sur mannequins vivants, création signée.
Au palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, et au musée des Arts décoratifs, rue de Rivoli, qui conservent parmi les plus riches fonds textiles du monde.
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