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SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 15 septembre 2026

8e Arrt
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Paris

Le Grand Palais, la nef de 1900

La nef du Grand Palais et sa verrière, photographiée lors de l'Exposition universelle de 1900
Louis Larger, musée Carnavalet, CC0 Paris Musées, via Wikimedia Commons

Il est né d’un concours que personne n’a gagné. Le Grand Palais est construit à partir de 1897 pour l’Exposition universelle de 1900, et comme le jury n’arrive pas à départager quatre projets, on demande aux quatre architectes de travailler ensemble. De cette impossibilité administrative est sortie la plus grande verrière d’Europe, et l’un des rares monuments parisiens que l’on aime avant même de savoir à quoi il sert.

Une histoire : pourquoi le Grand Palais a été construit

Il remplace le palais de l’Industrie de 1855, vaste et inconfortable, que l’on juge indigne du nouveau siècle. Le programme est fixé par arrêté en avril 1896, le concours réservé aux architectes français, et l’affaire tourne à la querelle publique. Henri Deglane, Albert Louvet, Albert-Félix-Théophile Thomas et Charles Girault sont finalement invités à fusionner leurs propositions : Deglane prend la grande nef, les autres se répartissent les ailes et le palais d’Antin. Le fronton de l’aile ouest porte la dédicace qui dit tout de l’époque, un monument consacré par la République à la gloire de l’art français.

L’Exposition universelle ouvre le 15 avril 1900 et ferme le 12 novembre. Le bâtiment reste, avec ses soixante-dix-sept mille mètres carrés, ses escaliers d’honneur et sa charpente d’acier posée sur une forêt de pieux de chêne enfoncés dans le sol humide des Champs-Élysées. Ce sont ces pieux, en pourrissant, qui obligeront un siècle plus tard à fermer la nef pour de longues années de travaux.

Le Grand Palais a failli disparaître. Dans les années 1960, Le Corbusier envisage de le démolir pour élever à sa place un musée d’art du XXe siècle, projet que lui a confié André Malraux. L’architecte meurt le 27 août 1965 et l’idée meurt avec lui. La nef est classée monument historique en 1975, l’ensemble en 2000.

Ce qu’il faut regarder

  • Les deux quadriges de cuivre repoussé de Georges Récipon, à quarante mètres de hauteur : l’Immortalité devançant le Temps du côté des Champs-Élysées, l’Harmonie triomphant de la Discorde du côté de la Seine.
  • La verrière de la nef, dont les fermes d’acier rivetées appartiennent à la même famille technique que la tour Eiffel, construite onze ans plus tôt.
  • L’escalier d’honneur et sa rampe de ferronnerie Art nouveau, un des plus beaux mouvements de fer forgé de Paris.
  • Les mosaïques de la frise extérieure, longue de plus de soixante mètres.
  • Le palais d’Antin, côté avenue Franklin-Roosevelt, qui abrite le Palais de la découverte.

Le Grand Palais en pratique

Trois avenue du Général-Eisenhower, dans le 8e arrondissement, entre les Champs-Élysées et le pont Alexandre-III. La fiche du carnet est ici : Grand Palais. La nef accueille les grands salons, les foires d’art et, depuis les années 2000, les défilés de mode les plus spectaculaires de la capitale, Karl Lagerfeld y ayant fait installer pour Chanel un iceberg, un supermarché et une fusée.

Le saviez-vous ?

Le Grand Palais a tout accueilli : des salons d’automobiles, des concours hippiques, un hôpital militaire pendant la Grande Guerre, des foires d’art contemporain, des matchs d’escrime olympiques. C’est un bâtiment qui n’a jamais eu d’usage fixe, et c’est pour cela qu’il a survécu : on ne démolit pas facilement un lieu dont on peut toujours faire autre chose.

Quand le Grand Palais a-t-il été construit ?

À partir de 1897, pour l’Exposition universelle de 1900 qui s’est tenue du 15 avril au 12 novembre. Il remplaçait le palais de l’Industrie de 1855.

Qui a dessiné le Grand Palais ?

Quatre architectes que le jury n’a pas su départager et que l’on a réunis : Henri Deglane, Albert Louvet, Albert-Félix-Théophile Thomas et Charles Girault.

Que représentent les quadriges du Grand Palais ?

Ils sont l’œuvre de Georges Récipon, en cuivre repoussé, à quarante mètres de hauteur : l’Immortalité devançant le Temps côté Champs-Élysées, l’Harmonie triomphant de la Discorde côté Seine.

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