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SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 15 septembre 2026

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Paris

Le Bon Marché, l’invention du grand magasin

Vue générale du grand magasin Au Bon Marché à Paris, gravure du XIXe siècle
Gravure anonyme de la fin du XIXe siècle, domaine public, via Wikimedia Commons

Tout commence par une mercerie de douze employés et quatre rayons, fondée en 1838 par les frères Videau. Quinze ans plus tard, un couple s’y associe et transforme la boutique en machine : le Bon Marché devient le premier grand magasin du monde, et Émile Zola en tire un roman où il l’appelle la cathédrale du commerce moderne.

Une histoire : ce que le Bon Marché a inventé

Le 1er juin 1853, Aristide et Marguerite Boucicaut s’associent aux Videau. Leur idée tient en quelques règles qui paraissent aujourd’hui évidentes et qui étaient alors révolutionnaires : des prix fixes, marqués sur une étiquette, au lieu du marchandage ; des marges faibles compensées par le volume ; l’entrée libre, sans obligation d’acheter ; et le satisfait ou remboursé. On entre, on regarde, on ressort sans rien prendre, et l’on revient.

Le bâtiment suit l’ambition. La construction du magasin actuel commence en 1869 sur les plans de Jean-Alexandre Delaplanche, puis s’agrandit sous la conduite de l’architecte Louis-Charles Boileau, relayé par son fils. La charpente métallique du premier magasin est l’œuvre de l’ingénieur Armand Moisant. On lit souvent que Gustave Eiffel aurait bâti le Bon Marché : c’est un raccourci, il n’est intervenu que marginalement, lors de la dernière tranche des travaux, en 1879.

Zola vient enquêter sur place avant d’écrire Au Bonheur des Dames, publié en 1883. Il note les techniques de vente, les escaliers qui obligent à traverser les rayons, la mise en scène des marchandises, l’épuisement des vendeuses. Son roman reste la meilleure description de ce que fut cette invention : une cathédrale, écrit-il, faite pour un peuple de clientes.

Ce qu’il faut voir aujourd’hui

  • Les escaliers monumentaux et les verrières intérieures, héritage direct de l’architecture de fer du XIXe siècle.
  • La Grande Épicerie de Paris, de l’autre côté de la rue de Sèvres, héritière du comptoir d’alimentation ouvert par le magasin dans les années 1920.
  • Les installations d’artistes contemporains qui occupent chaque hiver le vide central, tradition devenue rendez-vous parisien.
  • L’hôtel Lutetia, en face, construit en 1910 par la famille Boucicaut pour loger les clients de province venus faire leurs achats.

Le Bon Marché en pratique

Vingt-quatre rue de Sèvres, dans le 7e arrondissement, métro Sèvres-Babylone. Le quartier mérite qu’on y flâne, entre la rue du Bac et la rue de Babylone, où se cache d’ailleurs un autre exotisme parisien. Pour comprendre ce que le grand magasin a remplacé, allez voir les boutiques d’artisans du passage du Grand-Cerf, qui vendaient au détail ce que le Bon Marché a mis en rayons.

Le saviez-vous ?

Marguerite Boucicaut, devenue veuve puis privée de son fils unique, a légué sa fortune à ses employés et à des œuvres. Elle avait institué pour le personnel une caisse de prévoyance, des repas, une retraite, et des logements. Le Bon Marché n’a pas seulement inventé le grand magasin : il a inventé, par intérêt autant que par conviction, une partie du paternalisme social du XIXe siècle.

Quand le Bon Marché a-t-il été créé ?

La boutique d’origine date de 1838, mais c’est l’association d’Aristide et Marguerite Boucicaut avec les frères Videau, le 1er juin 1853, qui en fait le premier grand magasin moderne.

Gustave Eiffel a-t-il construit le Bon Marché ?

Non. La charpente du premier magasin est due à l’ingénieur Armand Moisant, et le bâtiment aux architectes Delaplanche puis Boileau père et fils. Eiffel n’est intervenu que marginalement, en 1879.

Quel roman se passe au Bon Marché ?

Au Bonheur des Dames, d’Émile Zola, publié en 1883. L’écrivain avait enquêté sur place et décrit le magasin comme la cathédrale du commerce moderne.

Mon carnet de voyage
Aristide Boucicaut grand magasin La Grande Epicerie de Paris La Grande Epicerie Rive gauche Le Bon Marché

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