Aller au contenu
SECRET PARISIEN

Paris, le mercredi 16 septembre 2026

6e Arrt
quaide Conti
Personnalités

Jean d’Ormesson, un Parisien de la rue du Bac à la Coupole

Jean d'Ormesson souriant au Salon du livre de Paris, le 29 mars 2010
Georges Seguin, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Le 8 décembre 2017, aux Invalides, Emmanuel Macron dépose un crayon sur un cercueil. Celui de Jean d’Ormesson, né le 16 juin 1925 dans le 7e arrondissement de Paris et mort le 5 décembre à Neuilly-sur-Seine, à quatre-vingt-douze ans. Le président salue un écrivain qui fut, dit-il, un « antidote à la grisaille des jours ».

Une histoire : Jean d’Ormesson, l’enfant de la rive gauche

Il est le fils cadet d’André d’Ormesson, ambassadeur de France et ami de Léon Blum, et le neveu de l’ambassadeur Wladimir d’Ormesson. Après une enfance au château de Saint-Fargeau, dans l’Yonne, et au gré des missions de son père, en Bavière, en Roumanie et au Brésil, il fait hypokhâgne au lycée Henri-IV et entre à dix-neuf ans, en 1944, à l’École normale supérieure. Il obtient l’agrégation de philosophie en 1949, à la troisième tentative, contre l’avis de son professeur Louis Althusser.

Il enseigne un peu le grec et la philosophie au lycée Jacques-Decour, écrit pour Paris Match, et vit chez ses parents, au 97 rue du Bac, jusqu’à son mariage, à trente-sept ans. L’appartement occupe une partie d’un hôtel particulier de 1722, habité de 1809 à 1824 par Constance de Théis, princesse de Salm-Dyck, puis sous le Second Empire par le maréchal Vaillant. Le 2 avril 1962, il épouse dans le 16e arrondissement Françoise Béghin, fille de Ferdinand Béghin, administrateur du Figaro.

Son premier roman, L’amour est un plaisir, paraît en 1956 et se vend à deux mille exemplaires, même si son éditeur Julliard voit en lui un « frère de Sagan ». Le succès vient en 1971 avec La Gloire de l’Empire, cent mille exemplaires et le grand prix du roman de l’Académie française.

La Coupole et Le Figaro

Le 18 octobre 1973, Jean d’Ormesson est élu à l’Académie française, au fauteuil 12, celui de Jules Romains. Un mois plus tôt, le 15 septembre, son oncle Wladimir, qui occupait le fauteuil 13, est mort. Il est reçu sous la Coupole le 6 juin 1974 par Thierry Maulnier. De 1974 à 1977, il dirige Le Figaro. À l’Académie, il fait campagne pour Marguerite Yourcenar, première femme élue en 1980, et répond à son discours de réception en 1981. Pendant plus de quarante ans, il en est l’ambassadeur à la télévision.

Ses lieux parisiens

  • Le 7e arrondissement, où il naît le 16 juin 1925.
  • Le lycée Henri-IV et l’École normale supérieure, rue d’Ulm, ses années de formation.
  • Le 97 rue du Bac, l’appartement de ses parents, où il vit jusqu’en 1962.
  • L’Institut de France, quai de Conti, où siège l’Académie française, qu’il rejoint en 1973.
  • Les Invalides, où la messe est célébrée en la cathédrale Saint-Louis puis l’hommage national rendu le 8 décembre 2017.

Le saviez-vous ?

Jean d’Ormesson est entré de son vivant dans la Pléiade de Gallimard, en 2015, honneur rarissime ; un second volume a suivi en 2018. Il n’a pas été inhumé dans la chapelle familiale du Père-Lachaise, dans la 56e division : dès 2014, il avait prévenu que « ce caveau est plein comme un œuf » et qu’il devrait « se faire cendres ». Pour l’histoire de ce nom et de ceux qui l’ont porté avant lui, du procès Fouquet à la rue d’Ormesson, il faut lire l’histoire de la famille d’Ormesson.

Où est né Jean d’Ormesson ?

Dans le 7e arrondissement de Paris, le 16 juin 1925. Il est mort le 5 décembre 2017 à Neuilly-sur-Seine.

Quand Jean d’Ormesson a-t-il été élu à l’Académie française ?

Le 18 octobre 1973, au fauteuil 12, succédant à Jules Romains. Il a été reçu le 6 juin 1974 par Thierry Maulnier.

Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il posé un crayon sur son cercueil ?

En hommage à l’écrivain, lors de l’hommage national rendu aux Invalides le 8 décembre 2017, après un discours saluant un « antidote à la grisaille des jours ».

Mon carnet de voyage
Académicien comte d'Ormesson directeur journal Le Figaro Héloïse d'Ormesson Jean d’Ormesson normalien Pléiade réflexions philosophiques sciences humaines supérieures de philosophie traditionnellement moderne

Laisser un mot