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SECRET PARISIEN

Paris, le jeudi 17 septembre 2026

5e Arrt
ruePierre-et-Marie-Curie
Personnalités

Marie Curie, la montagne Sainte-Geneviève et le quai de Béthune

Portrait de Marie Curie vers 1920, par le photographe parisien Henri Manuel
Henri Manuel, Wellcome Collection, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Au 36 quai de Béthune, sur l’île Saint-Louis, une plaque tient en quatre lignes : Marie Curie a habité cet immeuble de 1912 à 1934. Née Maria Salomea Skłodowska le 7 novembre 1867 à Varsovie, alors dans l’Empire russe, elle a fait de Paris la ville de toutes ses découvertes, et de la montagne Sainte-Geneviève son quartier de travail.

Une histoire : Marie Curie, de la rue d’Allemagne au hangar

Elle arrive à l’automne 1891 et loge d’abord chez sa sœur, rue d’Allemagne, l’actuelle avenue Jean-Jaurès, dans le 19e, où une plaque rappelle ce séjour. Suivent des chambres d’étudiante, rue des Feuillantines puis rue de Châteaudun. Mariée à Pierre Curie, elle s’installe en octobre 1895 au 24 rue de la Glacière, puis au 108 boulevard Kellermann, dans le 13e, jusqu’en avril 1907.

En décembre 1897, elle commence sa thèse à l’École municipale de physique et chimie industrielles, rue Lhomond, et le couple mène ses travaux dans un hangar de l’école. C’est là qu’ils annoncent le polonium, le 18 juillet 1898, puis le radium, le 26 décembre suivant. Marie Curie soutient sa thèse à la Sorbonne le 25 juin 1903, et le 10 décembre de la même année, le prix Nobel de physique récompense Pierre, Marie et Henri Becquerel. Elle n’en reçoit qu’un quart, et le couple ne fera le voyage de Stockholm qu’en juin 1905.

La Sorbonne, le deuil et l’Institut du radium

Le 19 avril 1906, Pierre Curie est renversé par une voiture à cheval à l’angle de la rue Dauphine et du quai des Grands-Augustins. Le 5 novembre suivant, Marie donne son premier cours à la Sorbonne ; titulaire de la chaire en 1908, elle devient la première femme professeure des universités en France. Le 23 janvier 1911, l’Académie des sciences lui préfère un autre candidat, par 30 voix contre 28 au second tour. Le 10 décembre 1911, elle reçoit, seule, le prix Nobel de chimie.

Le 15 décembre 1909, l’Institut Pasteur et l’Université s’accordent pour lui construire un Institut du radium, sur les plans de l’architecte Henri-Paul Nénot. Les bâtiments sont presque achevés en juillet 1914. La guerre éclate : en 1916, Marie Curie passe son permis de conduire pour aller elle-même au front avec ses voitures radiologiques. Elle meurt le 4 juillet 1934 au sanatorium de Sancellemoz, en Haute-Savoie.

Le Paris de Marie Curie, ce qu’on peut voir

  • Le musée Curie, 1 rue Pierre-et-Marie-Curie, dans le pavillon Curie : son bureau et son laboratoire de chimie y sont conservés, l’entrée est gratuite, du mercredi au samedi.
  • L’ancien Institut du radium, inscrit aux monuments historiques par un arrêté du 3 août 2025, qui protège son bureau, son laboratoire et l’amphithéâtre.
  • La plaque du 36 quai de Béthune, sur l’île Saint-Louis, où elle a vécu de 1912 à sa mort.
  • Les plaques de l’ESPCI, 10 rue Vauquelin, et du 3 rue Pierre-Brossolette, qui marquent l’emplacement du laboratoire de la découverte du radium.
  • La rue Pierre-et-Marie-Curie, qui ne s’appelait que rue Pierre-Curie jusqu’à un arrêté du 8 septembre 1967.
  • La crypte du Panthéon, où Pierre et Marie Curie reposent depuis le 20 avril 1995.

Le saviez-vous ?

Marie Curie n’est pas la première femme inhumée au Panthéon : Sophie Berthelot y reposait déjà, auprès de son mari. Elle est en revanche la première à y entrer pour ses propres mérites, le 20 avril 1995, en vertu d’un décret du 8 mars. Sa première tombe, au cimetière de Sceaux, où elle avait été inhumée le 6 juillet 1934, reste visible.

Autre légende : ses cahiers de laboratoire dormiraient dans des coffres en plomb. La Bibliothèque nationale de France, qui les conserve, n’en parle pas. Les archives sont consultables selon un protocole strict, sous couverture plastique, et dix minutes passées devant les cahiers exposés représentent environ deux nanosieverts, une dose infime. Pierre Curie, lui, était né au 16 rue Cuvier, dans la rue même de leur futur laboratoire.

Où habitait Marie Curie à Paris ?

De 1912 à sa mort, au 36 quai de Béthune, sur l’île Saint-Louis, où une plaque le rappelle. Le musée Curie, rue Pierre-et-Marie-Curie, n’était pas son logement mais son laboratoire.

Le musée Curie est-il gratuit ?

Oui, l’entrée est libre et sans réservation. Il ouvre du mercredi au samedi, de 13 heures à 17 heures, dans le pavillon Curie de l’ancien Institut du radium.

Où est enterrée Marie Curie ?

Au Panthéon, avec Pierre Curie, depuis le 20 avril 1995. Elle avait d’abord été inhumée à Sceaux le 6 juillet 1934, où leur première tombe reste visible.

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