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SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 15 septembre 2026

14e Arrt
avenuede l'Observatoire
Paris

Le méridien de Paris et les médaillons Arago

Les coupoles de l'Observatoire de Paris photographiées en 1921
Agence Rol, 1931, BnF, domaine public, via Wikimedia Commons

Cherchez sous vos pieds, du côté du Palais-Royal ou du jardin du Luxembourg, un disque de bronze de douze centimètres portant un nom, ARAGO, et deux lettres, N et S. Vous êtes sur le méridien de Paris, la ligne que des mathématiciens ont tracée sur le sol un jour de solstice de 1667, et qui a servi de référence au monde jusqu’à ce que Greenwich lui prenne la place.

Une histoire : le méridien de Paris, de 1667 à Greenwich

Le 21 juin 1667, jour du solstice d’été, les mathématiciens de l’Académie tracent sur un terrain du faubourg Saint-Jacques la ligne nord-sud qui servira à implanter le futur Observatoire. Le bâtiment sera construit autour d’elle : le méridien de Paris passe par le centre de l’Observatoire, à deux degrés vingt minutes à l’est de celui de Greenwich.

Ce trait n’est pas un caprice. C’est à partir de la Méridienne de France, mesurée et remesurée de Dunkerque au Canigou, qu’on a calculé la forme de la Terre, dessiné la première carte exacte du royaume et défini le mètre. Parmi ceux qui l’ont mesurée, un homme domine : François Arago, né à Estagel en 1786, mort à Paris en 1853. Nommé à dix-neuf ans secrétaire-bibliothécaire de l’Observatoire, envoyé en 1806 avec Biot prolonger la mesure jusqu’aux Baléares, pris dans la guerre d’Espagne, emprisonné au château de Bellver, évadé, il rentre à Paris en héros en 1809 avec ses carnets sauvés.

En 1884, la conférence de Washington choisit Greenwich comme méridien d’origine du monde. La France s’incline lentement, et le méridien de Paris devient ce qu’il est aujourd’hui : une ligne de mémoire. En 1994, l’artiste néerlandais Jan Dibbets lui rend un hommage discret en faisant sceller dans les trottoirs, les cours et les jardins cent trente-cinq médaillons de bronze au nom d’Arago, sur neuf kilomètres, d’une porte de Paris à l’autre.

Où voir la ligne dans Paris

  • L’Observatoire de Paris, avenue de l’Observatoire, où tout commence : la méridienne traverse la grande salle, et les coupoles de la photographie de 1921 sont toujours là.
  • Le jardin du Luxembourg, où plusieurs médaillons jalonnent les allées.
  • La cour du Palais-Royal et les abords du musée du Louvre, où la ligne traverse le jardin.
  • Le parc Montsouris, qui abrite la mire du Sud, un monument de quatre mètres classé, portant une inscription dont le nom de Napoléon a été gratté.
  • Montmartre, côté nord, où se dressait la mire du Nord élevée en 1736.

Attention aux amateurs de jeu de piste : plusieurs médaillons ont disparu, volés ou effacés par les travaux de voirie. Les chercher est justement le plaisir de la promenade.

Le méridien de Paris en pratique

La promenade la plus simple part de l’Observatoire, dans le 14e arrondissement, et remonte vers le nord par le jardin du Luxembourg puis le Palais-Royal. Comptez deux heures pour traverser la ville en suivant une ligne que personne ne voit. Pour un autre repère invisible de Paris, il y a le point zéro des routes de France, devant Notre-Dame.

Le saviez-vous ?

La statue d’Arago qu’Alexandre Oliva avait élevée en 1893 boulevard Arago a été enlevée par l’occupant en 1942 et fondue. Son socle est resté vide pendant plus de cinquante ans. C’est précisément pour combler ce vide que Jan Dibbets a imaginé un monument sans statue : cent trente-cinq médaillons, disséminés dans la ville, pour un homme dont on avait effacé l’effigie.

Qu’est-ce que le méridien de Paris ?

C’est le méridien passant par le centre de l’Observatoire de Paris, tracé le 21 juin 1667. Il servit de référence aux cartes françaises jusqu’à l’adoption de Greenwich comme méridien d’origine en 1884.

Combien y a-t-il de médaillons Arago dans Paris ?

Cent trente-cinq médaillons de bronze de douze centimètres de diamètre, posés en 1994 par l’artiste Jan Dibbets sur neuf kilomètres. Plusieurs ont disparu depuis.

Qui était François Arago ?

Un astronome, physicien et homme d’État français, né en 1786 et mort en 1853, directeur de l’Observatoire de Paris, connu pour ses travaux sur la mesure du méridien et pour son rôle politique en 1848.

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