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SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 15 septembre 2026

16e Arrt
avenueKléber
Paris

Le Peninsula, l’ancien Majestic de l’avenue Kléber

La façade du Peninsula Paris, ancien hôtel Majestic, avenue Kléber
Thomon, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le Peninsula occupe au 19 avenue Kléber un immeuble qui a servi à tout, sauf à l’hôtellerie, pendant la plus grande partie de sa vie. Ouvert comme palace en 1908, vendu à l’État français en 1936, il a hébergé l’état-major allemand, le siège de l’UNESCO, puis le centre de conférences du ministère des Affaires étrangères, avant de redevenir en 2014 ce pour quoi il avait été bâti.

Une histoire : le Peninsula et ses vies successives

Le terrain porte d’abord un palais construit en 1864 pour un collectionneur russe, le comte Basilewsky, puis occupé jusqu’en 1904 par Isabelle II, reine d’Espagne déchue. L’entrepreneur Leonard Tauber y fait élever un grand hôtel de luxe, le Majestic, qui ouvre en 1908 dans le quartier alors le plus neuf et le plus riche de Paris. George Gershwin y séjourne dans les années vingt, la clientèle internationale y descend, et l’établissement compte parmi les plus courus de la capitale.

En 1936, l’État achète l’immeuble. Pendant l’Occupation, il abrite le commandement militaire allemand du Grand Paris. De 1946 à 1958, il est le premier siège de l’UNESCO, avant que l’organisation ne s’installe place de Fontenoy. Il devient ensuite le centre de conférences internationales du Quai d’Orsay : c’est là que sont négociés puis signés, en janvier 1973, les accords de Paris qui mettent fin à l’engagement américain au Vietnam, dans la salle qui est aujourd’hui le bar Kléber.

Après quatre ans de restauration, l’immeuble rouvre le 1er août 2014 sous l’enseigne The Peninsula, première adresse européenne du groupe hongkongais. Les moulures, les marbres et les ferronneries de 1908 ont été refaits à l’identique, et la terrasse du dernier étage offre l’un des points de vue les plus spectaculaires sur la tour Eiffel.

Ce qu’il faut regarder

  • La façade haussmannienne de 1908, dont la pierre a été entièrement nettoyée lors de la restauration.
  • Le bar Kléber, ancienne salle des accords de 1973 : le décor est d’époque, la plaque discrète.
  • La terrasse du dernier étage et sa vue sur l’Arc de triomphe et la tour Eiffel.
  • L’avenue Kléber elle-même, percée sous le Second Empire, qui relie l’Étoile au Trocadéro en ligne droite.

Le Peninsula en pratique

Dix-neuf avenue Kléber, dans le 16e arrondissement, à deux cents mètres de l’Arc de triomphe. Le quartier de Chaillot aligne dans la foulée le palais Galliera et le musée Guimet, ce qui fait une promenade de musées entre deux palaces.

Le saviez-vous ?

La commission qui a préparé le traité de Versailles s’est réunie dans ce bâtiment en 1919, et les accords qui ont mis fin à la guerre du Vietnam y ont été signés en 1973. Le même immeuble a donc vu, à cinquante-quatre ans d’intervalle, deux tentatives de fabriquer la paix. Il sert aujourd’hui le thé.

Qu’était le Peninsula Paris avant d’être un hôtel ?

Le palace Majestic, ouvert en 1908, puis, après son achat par l’État en 1936, le siège de l’UNESCO de 1946 à 1958 et le centre de conférences du ministère des Affaires étrangères.

Les accords de paix du Vietnam ont-ils été signés là ?

Oui, en janvier 1973, dans la salle devenue aujourd’hui le bar Kléber de l’hôtel.

Quand le Peninsula Paris a-t-il ouvert ?

Le 1er août 2014, après quatre ans de restauration. C’est la première adresse européenne du groupe hôtelier hongkongais.

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