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SECRET PARISIEN

Paris, le lundi 14 septembre 2026

Tour Eiffel

La construction de la tour Eiffel, 26 mois et un exploit

La tour Eiffel en construction en 1888, photographie de Louis-Émile Durandelle
Louis-Émile Durandelle, domaine public, via Wikimedia Commons

C’est le chantier le plus regardé du dix-neuvième siècle, et le plus calculé. La construction de la tour Eiffel commence le 28 janvier 1887 par les fondations, et s’achève vingt-six mois plus tard, le 31 mars 1889 : quatre mois pour asseoir les quatre piles, vingt-deux pour monter trois cents mètres de fer. Tout arrive prêt des ateliers de Levallois-Perret : 18 000 pièces dessinées une à une, percées à l’avance, assemblées sur place par 2,5 millions de rivets. Sur le Champ-de-Mars, jamais plus de 250 ouvriers : la tour n’est pas une prouesse de muscles, c’est une prouesse de bureau d’études, 700 dessins d’ensemble, 3 600 dessins d’atelier, et un mécano dont chaque trou tombe juste.

Une histoire : le fer contre les plumes

Le chantier s’ouvre sous les insultes. En février 1887, une Protestation des artistes paraît dans la presse, signée du gratin : Charles Gounod, Alexandre Dumas fils, Guy de Maupassant, Leconte de Lisle, Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra, François Coppée, Sully Prudhomme, William Bouguereau, Ernest Meissonier. Ils dénoncent une tour de tôle qui déshonorerait Paris. Eiffel répond en ingénieur et en visionnaire : sa tour aura sa beauté propre, et elle servira la science, ce qui la sauvera d’ailleurs de la démolition promise. Maupassant, lui, restera fâché : il écrira en 1890 avoir quitté Paris parce que « la tour Eiffel finissait par m’ennuyer trop ».

Le montage, lui, force l’admiration générale : les quatre piles grimpent en s’inclinant l’une vers l’autre, réglées par des vérins hydrauliques et des boîtes à sable logés dans les fondations, jusqu’à la jonction parfaite du premier étage en décembre 1887. Les riveteurs travaillent par équipes de quatre, un chauffeur, un teneur, un riveur, un frappeur, suspendus dans le vide hiver comme été. Le photographe Louis-Émile Durandelle suit l’ascension mois après mois : ses tirages, où la tour inachevée porte son échafaudage comme une couronne, sont devenus des icônes de la photographie de chantier.

La construction de la tour Eiffel en chiffres

  • 26 mois de chantier, dont 4 pour les fondations : première pelletée le 28 janvier 1887, drapeau le 31 mars 1889.
  • 18 000 pièces de fer puddlé préparées à Levallois-Perret, 2,5 millions de rivets, dont un million posé sur place.
  • 250 ouvriers au plus fort du chantier, 40 dessinateurs et calculateurs pendant deux ans.
  • 7 300 tonnes de fer pour la charpente : moins lourd, rapporté à sa base, qu’un cylindre d’air de la même hauteur.

Pour saluer l’exploit, placez-vous sous la tour Eiffel, à l’aplomb exact du pilier nord, là où les quatre arêtes s’élancent d’un seul jet ; puis prenez du recul jusqu’au Trocadéro : c’est l’angle des photographies de Durandelle, celui où la dentelle de fer révèle sa logique.

Le saviez-vous ?

Le chantier fit preuve d’une sécurité exceptionnelle pour l’époque : un seul ouvrier y perdit la vie, un jeune riveteur italien tombé un dimanche, hors service, en voulant impressionner sa fiancée depuis le premier étage. Eiffel, qui avait imposé garde-corps, écrans mobiles et cantine sur place pour limiter les descentes, tenait à ce bilan comme à un brevet : l’homme qui faisait travailler ses équipes à trois cents mètres savait que la vraie prouesse était de les ramener chaque soir.

Combien de temps a duré la construction de la tour Eiffel ?

Vingt-six mois, du 28 janvier 1887 au 31 mars 1889 : quatre mois pour les fondations, vingt-deux pour la structure métallique. Un délai record permis par la préfabrication totale des pièces aux ateliers de Levallois-Perret.

Qui s’est opposé à la tour Eiffel ?

Une cinquantaine d’artistes et d’écrivains, dont Gounod, Dumas fils, Maupassant, Garnier et Meissonier, signataires en février 1887 d’une protestation restée célèbre. Eiffel leur répondit que sa tour aurait sa propre beauté et servirait la science.

Combien de rivets compte la tour Eiffel ?

Environ 2,5 millions, dont un peu plus d’un million posés sur le chantier même par des équipes de quatre riveteurs ; les autres avaient été montés d’avance dans les pièces préparées à l’atelier.

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