Elle appartient au monde entier et pourtant elle est à nous. La tour Eiffel n’était qu’une attraction d’exposition promise à la démolition, et elle est devenue le monument payant le plus visité de la planète. Voici ce qu’il y a derrière la silhouette : des chiffres, des rivets, de la peinture et beaucoup d’obstination.
Une histoire : la tour Eiffel en quelques nombres
Le chantier dure deux ans, deux mois et cinq jours, de janvier 1887 à mars 1889 : quatre mois pour les fondations, vingt-deux pour le montage. Deux cent cinquante ouvriers travaillent sur place, assemblant dix-huit mille pièces de fer puddlé dessinées une à une dans les bureaux d’études, où l’on a produit plus de sept cents dessins d’ensemble et trois mille six cents dessins de détail. Deux millions et demi de rivets tiennent le tout.
La tour pèse environ dix mille cent tonnes, dont sept mille trois cents pour la seule charpente de fer. Elle culminait à trois cents mètres en 1889 ; les antennes successives l’ont portée au-delà de trois cent vingt mètres. Elle se repeint tous les sept ans environ, à raison de soixante tonnes de peinture appliquées au pinceau, et elle a changé de couleur plusieurs fois : rouge Venise à l’atelier, brun rouge en 1889, brun dit tour Eiffel depuis 1968, puis une teinte dorée pour la campagne engagée avant les Jeux.
Elle bouge, aussi. Le vent la fait osciller de quelques centimètres seulement, et la chaleur la dilate : lors des grandes canicules, le sommet s’est incliné jusqu’à une quinzaine de centimètres du côté opposé au soleil. Gustave Eiffel, lui, avait un argument plus simple pour défendre son ouvrage : il faut y monter, disait-il, pour reconnaître un commencement de rouille et y remédier.
Ce que l’on oublie toujours
- Elle devait être démontée au bout de vingt ans. C’est la télégraphie sans fil, installée au sommet, qui l’a sauvée en la rendant militairement indispensable.
- Mille six cent soixante-cinq marches mènent au sommet, mais le public ne monte à pied que jusqu’au deuxième étage.
- Soixante-douze noms de savants sont gravés en lettres d’or sous le premier étage, effacés par la peinture au début du XXe siècle puis restitués en 1986.
- Gustave Eiffel s’était réservé un appartement au sommet, meublé et chauffé, que l’on visite aujourd’hui reconstitué.
- Un seul ouvrier est mort pendant le chantier, et hors service : record de sécurité inouï pour l’époque.
La tour Eiffel en pratique
Champ-de-Mars, dans le 7e arrondissement. La fiche du carnet est ici : Tour Eiffel. Pour la voir sans la voir, montez plutôt à la tour Montparnasse, d’où elle se détache de profil. Et pour mesurer ce que Paris savait faire de fer à la même époque, allez regarder la nef du Grand Palais, élevée onze ans plus tard.
Le saviez-vous ?
Elle a été, dès sa construction, une machine à disputes. La protestation des artistes de février 1887, signée par Gounod, Maupassant, Dumas fils ou Charles Garnier, parlait d’une « odieuse colonne de tôle boulonnée ». Maupassant confiait pourtant déjeuner souvent dans son restaurant, parce que c’était le seul endroit de Paris d’où l’on ne la voyait pas. La plaisanterie est aussi vieille que la tour, et elle sert encore, à Montparnasse.
Environ dix mille cent tonnes au total, dont sept mille trois cents tonnes pour la charpente métallique elle-même.
Deux ans, deux mois et cinq jours, de janvier 1887 à mars 1889, avec environ deux cent cinquante ouvriers sur le chantier.
Tous les sept ans environ, avec une soixantaine de tonnes de peinture appliquées au pinceau. La tour a changé plusieurs fois de teinte depuis 1889.
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