La Fontaine de Mars est deux choses à la fois : un monument de 1806 et un bistrot de 1908, adossés l’un à l’autre rue Saint-Dominique. On y va pour l’œuf mayonnaise et le confit, on y reste pour la terrasse sous les arcades, et l’on repart en ayant vu sans le savoir l’une des plus jolies fontaines de l’Empire.
Une histoire : la Fontaine de Mars, du Gros-Caillou à la table
La fontaine est édifiée de 1806 à 1808 sur les plans de l’ingénieur François-Jean Bralle, l’un des hommes chargés par Napoléon de donner de l’eau à Paris. Ses bas-reliefs sont de Pierre-Nicolas Beauvallet, élève de Pajou : on y voit Hygie, déesse de la santé, servant à boire à Mars, dieu de la guerre. D’où le nom. L’eau venait alors de la pompe à feu du Gros-Caillou, ce quartier de maraîchers et de casernes qui n’était pas encore le 7e arrondissement chic.
La place à arcades qui l’entoure est construite en 1859, et c’est sous ces arcades qu’un établissement ouvre en 1908. Il ne changera plus de métier. Trois familles s’y succèdent, la carte reste celle d’un bistrot du Sud-Ouest, et la maison traverse le siècle sans céder aux modes.
Le 6 juin 2009, la maison entre dans une autre histoire : Barack et Michelle Obama, de passage à Paris après les commémorations du Débarquement, y dînent en famille. Les photographies font le tour du monde et la petite place du Gros-Caillou devient, pour quelques jours, l’adresse la plus enviée de Paris.
Ce qu’il faut regarder
- Les bas-reliefs de Beauvallet : Hygie et Mars, l’eau et la guerre, sujet impérial par excellence.
- Les arcades de 1859, qui donnent à la place son air de village.
- La photographie d’Eugène Atget prise en 1903, en tête de cet article : la fontaine y est exactement telle qu’aujourd’hui, à la terrasse près.
- Le pavé et les tables dehors, qui font de ce carrefour l’un des rares coins de Paris où l’on s’assoit comme on s’assied chez soi.
La Fontaine de Mars en pratique
Cent vingt-neuf rue Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement, à dix minutes du Champ-de-Mars. Le quartier du Gros-Caillou se parcourt à pied, entre marchands et boulangeries, et la tour Eiffel ferme la perspective au bout de la rue.
Le saviez-vous ?
Napoléon avait promis aux Parisiens des fontaines à boire, et il en a fait construire une quinzaine, alimentées par le canal de l’Ourcq et par les pompes à feu. Celle de Mars est l’une des rares qui coulent encore à leur emplacement d’origine, dans une ville qui a déplacé ou supprimé la plupart des siennes.
À cause de son bas-relief, où Hygie, déesse de la santé, sert à boire à Mars, dieu de la guerre. On l’appelait aussi fontaine du Gros-Caillou, du nom du quartier.
De 1908. Il occupe les arcades construites en 1859 autour de la fontaine, rue Saint-Dominique, et n’a jamais changé de métier depuis.
Oui, le 6 juin 2009, lors d’un passage à Paris après les commémorations du Débarquement. Le dîner en famille a fait le tour de la presse internationale.
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