Dans la moitié du Champ-de-Mars qui regarde l’École militaire, un petit édifice de pierre se tient sous les arbres de l’avenue Charles-Risler. C’est le monument des Droits de l’Homme, installé en 1989 pour le bicentenaire de la Révolution. On passe devant en allant vers la tour Eiffel, sans voir qu’il porte, gravé dans le bronze, le texte fondateur de la République.
Une histoire : le monument des Droits de l’Homme, cadeau du bicentenaire
La commande vient de la Ville de Paris, dont Jacques Chirac est alors le maire. L’année 1989 multiplie les hommages aux deux cents ans de 1789 ; celui-ci est confié à un duo, l’architecte Michel Jantzen et le sculpteur Ivan Theimer. Ils dessinent un édifice en pierre de taille sur plan carré, ouvert sur une salle octogonale éclairée par le haut, posé sur un podium de deux marches et gardé aux quatre coins par des pots à feu de bronze.
La forme a de quoi surprendre sur le Champ-de-Mars : elle s’inspire des mastabas, les tombeaux de l’Égypte ancienne. Theimer y accumule les références à l’imagerie de la Révolution, si bien que le monument se lit comme un livre de pierre, à condition d’en faire le tour lentement. Chaque face raconte autre chose, et les détails sont assez fins pour qu’on revienne avec de meilleurs yeux.
L’avenue elle-même a son histoire. Elle a été tracée en 1907, lors du réaménagement du Champ-de-Mars, et porte depuis 1926 le nom de Charles Risler, ancien maire du 7e arrondissement. Le monument y est installé en juin 1989, quelques semaines avant les grandes fêtes du 14 juillet.
Ce qu’il faut regarder
- Les deux obélisques de bronze, l’un sur une base triangulaire, l’autre sur une base carrée, couverts de symboles, de reliefs minuscules et du texte de la Déclaration de 1789.
- Les trois statues : un homme en toge qui tient des documents, un autre qui invite le passant à lire les obélisques, et une femme avec son enfant, coiffé d’un chapeau de journaux où court la chronologie de l’année 1989.
- Sur la face tournée vers le Champ-de-Mars, un triangle, un texte gravé pour le bicentenaire de la Déclaration et un cadran solaire.
- Du côté de la rue de Belgrade, une porte de bronze encadrée de deux colonnes, chargée de reliefs et de documents du temps de la Révolution, sous un oculus en forme d’ouroboros, le serpent qui se mord la queue.
- Sur les deux dernières faces, douze pierres, une par pays de la Communauté européenne de 1989, gravées du nom de leur capitale et marquées d’un sceau de bronze, de Lisboa à Amsterdam.
Où le trouver, et quoi voir autour
Le monument se dresse avenue Charles-Risler, dans le jardin public du Champ-de-Mars, en accès libre. Depuis la tour Eiffel, il suffit de descendre la pelouse vers l’École militaire. Pour prolonger la visite du côté de l’histoire, le tableau de la Déclaration qui illustre cet article est conservé au musée Carnavalet, le musée d’histoire de Paris, dans le Marais.
Le saviez-vous ?
La Déclaration peinte que l’on voit ici est l’œuvre de Jean-Jacques-François Le Barbier, vers 1789 : une huile sur bois de 71 centimètres sur 56. La Monarchie y tient les chaînes brisées de la Tyrannie, le génie de la Nation brandit le sceptre du Pouvoir, et les dix-sept articles s’alignent comme des tables de la loi, séparés par un faisceau surmonté d’un bonnet phrygien. Le tableau est entré au musée Carnavalet en 1896, offert par un donateur illustre : Georges Clemenceau.
Autre détail pour les curieux : parmi les douze pierres du monument, l’une est gravée au nom de Bonn. En juin 1989, c’est la capitale de l’Allemagne de l’Ouest ; le mur de Berlin tombe cinq mois plus tard, et la pierre, elle, n’a pas bougé.
Dans le jardin du Champ-de-Mars, avenue Charles-Risler, dans le 7e arrondissement, du côté de l’École militaire. Il est en accès libre.
L’architecte Michel Jantzen et le sculpteur Ivan Theimer, pour la Ville de Paris, qui l’a commandé pour le bicentenaire de la Révolution et installé en 1989.
Deux obélisques de bronze, l’un à base triangulaire, l’autre à base carrée, portent des symboles, des reliefs et le texte de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
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