Quand un panneau annonce Paris à trois cent quatre-vingt-douze kilomètres, c’est d’ici qu’on compte. Le point zéro des routes de France est une rose des vents de bronze encastrée dans une dalle octogonale, à une cinquantaine de mètres devant Notre-Dame, et les milliers de passants qui posent chaque jour le pied dessus ignorent pour la plupart qu’ils piétinent l’origine de toutes les distances françaises.
Une histoire : ce qu’il y avait avant le point zéro
Le parvis n’a pas toujours été cette esplanade dégagée. Au Moyen Âge se dressait devant le portail nord une « échelle de justice », un poteau au pied duquel les condamnés venaient faire amende honorable, tête et pieds nus, un cierge de cire jaune à la main, une pancarte sur la poitrine et dans le dos indiquant leur crime, la corde au cou pour ceux qui allaient mourir. On les exposait ensuite sur ce pilori, à la vue de tous.
L’échelle est remplacée vers 1767 par une échelle-carcan, et c’est ce point, dit la tradition, qu’une lettre patente de Louis XV du 22 avril 1769 adopte comme origine des routes du royaume. Une borne le matérialise une première fois par lettre royale du 22 avril 1786. Puis plus rien pendant plus d’un siècle.
La dalle actuelle, elle, est le fruit d’une discussion administrative de douze ans entre le Conseil municipal de Paris et la Commission du Vieux Paris, de 1912 à 1924. Elle est posée solennellement en 1924, retirée en 1966 pour les travaux qui devaient creuser un parc de stationnement sous le parvis, et remise en place en 1972. Entre-temps, les fouilles avaient mis au jour tant de vestiges que le parking a cédé la place à une crypte archéologique.
Ce qu’il faut regarder
- La rose des vents de bronze, huit branches, au centre d’un octogone de pierre.
- L’inscription gravée autour du disque : point zéro des routes de France.
- Le tracé au sol du parvis, qui dessine l’emprise des maisons et des rues médiévales rasées au XIXe siècle.
- L’entrée de la crypte archéologique, à quelques mètres, qui doit son existence au chantier de 1966.
- La façade de Notre-Dame, à cinquante mètres : c’est elle qui donne au point zéro son adresse la plus célèbre du monde.
Le point zéro en pratique
Parvis Notre-Dame, place Jean-Paul-II, dans le 4e arrondissement, sur l’île de la Cité. L’accès est libre, de jour comme de nuit. En traversant vers la rive gauche, la bibliothèque Mazarine est à un quart d’heure de marche, et le méridien de Paris, autre ligne invisible de la capitale, se suit en médaillons de bronze depuis le nord jusqu’au sud de la ville : les cent trente-cinq médaillons Arago.
Le saviez-vous ?
La tradition veut qu’on y pose le pied et qu’on fasse un vœu, ou qu’on revienne à Paris. Elle est récente et n’a aucune origine documentée, mais elle a une conséquence bien réelle : le bronze de la rose des vents est poli par les semelles, et les branches de l’étoile s’arrondissent d’année en année.
Sur le parvis Notre-Dame, place Jean-Paul-II, à une cinquantaine de mètres devant la façade de la cathédrale, dans le 4e arrondissement de Paris. L’accès est libre.
Il sert d’origine au calcul des distances routières entre Paris et les autres villes de France : le kilomètre 0 des routes qui quittent la capitale.
Le principe remonte à une lettre patente de Louis XV du 22 avril 1769, et une première borne fut posée en 1786. La dalle actuelle date de 1924, retirée en 1966 et remise en place en 1972.
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