Juliette Gréco est née à Montpellier en 1927 et morte dans le Var en 2020, mais son territoire tient en quatre rues de la rive gauche. Elle a inventé à Saint-Germain-des-Prés, entre 1946 et 1950, une silhouette, une voix et une attitude que le monde entier a prises pour l’esprit français.
Une histoire : Juliette Gréco et Saint-Germain-des-Prés
La guerre d’abord : sa mère et sa sœur, résistantes, sont déportées, et l’adolescente passe quelques jours à Fresnes avant d’être relâchée, trop jeune pour être déportée à son tour. Elle se retrouve à Paris, sans rien, hébergée par une professeure de français, et échoue dans le quartier où l’on discute et où l’on ne dort pas.
Le Tabou ouvre rue Dauphine en 1947, les caves se remplissent, Sartre, Queneau, Vian, Camus s’y croisent. Sartre lui donne un texte de Queneau, Si tu t’imagines, et lui conseille de chanter. Elle n’a pas de voix de chanteuse mais une diction et une présence : elle s’habille en noir, laisse ses cheveux longs, et devient la figure d’un quartier que les magazines américains décrivent comme le centre du monde.
Suivent soixante ans de carrière, Brel, Brassens, Gainsbourg, Ferré, des adieux souvent annoncés et jamais tenus, une tournée d’adieu à quatre-vingt-huit ans. Elle chantait, disait-elle, ce que les hommes écrivaient pour elle, et elle choisissait très bien ses hommes.
Ses adresses
- La rue Dauphine et le Tabou, cave ouverte en 1947 devenue le centre de la vie germanopratine.
- Le café de Flore et les Deux Magots, où se décidaient les réputations.
- L’Olympia et le théâtre des Champs-Élysées, ses grandes scènes parisiennes.
- L’église de Saint-Germain-des-Prés, qui a donné son nom au quartier et à toute une époque.
Le saviez-vous ?
Le fameux uniforme noir, pantalon et pull, n’était pas un choix esthétique mais une question d’argent : elle n’avait qu’une tenue et portait les vêtements qu’on lui prêtait, souvent masculins. Le style existentialiste, copié dans le monde entier, est né d’une jeune fille sans garde-robe.
Née à Montpellier en 1927, elle est arrivée à Paris pendant la guerre et a fait de Saint-Germain-des-Prés son quartier. C’est une Parisienne d’adoption et l’une des figures du quartier.
Une cave de la rue Dauphine, ouverte en 1947, devenue le club emblématique de Saint-Germain-des-Prés, où se croisaient Sartre, Vian, Queneau et toute la jeunesse existentialiste.
Si tu t’imagines, Je suis comme je suis, Jolie Môme, Déshabillez-moi, La Javanaise, écrites par Queneau, Prévert, Ferré ou Gainsbourg.
Dans la même rubrique
Personnalités
Jean-Paul Sartre : Les Méandres de l'Esprit
29 mai 2019
Françoise Hardy, la mélancolie du 9e
26 mai 2019
Charles Aznavour, mille trois cents chansons
2 octobre 2018
Romy Schneider, Parisienne par décision
23 septembre 2018
France Gall, la petite fille du 12e
7 janvier 2018
Françoise Dorléac, vingt-cinq ans
25 octobre 2017
Jean Rochefort, la moustache et le cheval
25 octobre 2017