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SECRET PARISIEN

Paris, le dimanche 20 septembre 2026

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Personnalités

Colette au Palais-Royal, la fenêtre sur le jardin

Colette accoudée à un balcon, la joue appuyée sur la main, en 1932
Agence Mondial Photo-Presse, Bibliothèque nationale de France, domaine public, via Wikimedia Commons

Le 7 août 1954, la cour d’honneur du Palais-Royal reçoit un catafalque sous le drapeau et une foule d’environ dix mille personnes : pour la première fois, la République offre des funérailles nationales à une femme. Colette est morte quatre jours plus tôt, à quelques mètres de là, dans son appartement du 9 rue de Beaujolais. Colette au Palais-Royal, c’est la fin d’une longue errance parisienne, et l’une des plus belles fenêtres de la ville.

Une histoire : Colette, de la rue Jacob aux Champs-Élysées

Sidonie-Gabrielle Colette naît le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l’Yonne. Mariée à Willy le 15 mai 1893, elle loge quelques semaines quai des Grands-Augustins, puis au troisième étage du 28 rue Jacob, de juin 1893 à 1896. Suivent la rue de Courcelles, au 93 puis au 177 bis, jusqu’en 1906. C’est l’époque des Claudine : Claudine à l’école paraît vers le 20 mars 1900 sous le seul nom de Willy, comme toute la série, et la double signature n’est convenue qu’en 1909.

Séparée de Willy, elle monte sur scène. Le 3 janvier 1907, au Moulin-Rouge, la pantomime Rêve d’Égypte, jouée avec Missy, provoque un tel scandale que le préfet de police Louis Lépine fait interdire le spectacle après une seule représentation. Les adresses défilent : rue de Villejust, devenue rue Paul-Valéry, rue Saint-Senoch, le chalet d’Henry de Jouvenel au 57 rue Cortambert, puis le 69 boulevard Suchet, de 1916 à 1926.

Colette au Palais-Royal, deux fois

En novembre 1926, elle s’installe pour la première fois au Palais-Royal, à l’entresol du 9 rue de Beaujolais. Elle en repart en décembre 1930 pour l’hôtel Claridge, au 74 avenue des Champs-Élysées, puis habite à partir de février 1935 le huitième étage de l’immeuble Marignan, au 33 de la même avenue. Vers le 5 janvier 1938, elle revient rue de Beaujolais, au premier étage cette fois, côté jardin, dans un appartement cédé par Gustave Quinson. Elle n’en bougera plus.

Les honneurs arrivent dans cet appartement. Élue à l’unanimité à l’académie Goncourt le 2 mai 1945, elle en devient présidente le 1er octobre 1949 : deuxième femme du jury, mais la première à le présider. À sa mort, l’Église refuse les obsèques religieuses, au motif officiel de ses deux divorces, alors qu’elle ne les avait pas demandées. L’État prend le relais.

Le Paris de Colette, ce qu’on peut voir

  • La plaque du 9 rue de Beaujolais, qui retient de sa présence les années 1927 à 1929 et 1938 à 1954, et, côté jardin, près du passage du Perron, celle posée le 30 mars 1960 : Colette au bord de ce jardin a passé ses dernières années.
  • La plaque du 28 rue Jacob, dans le 6e, qui cite ses souvenirs de Mes apprentissages sur ce logement « sombre, attrayant ».
  • Le Grand Véfour, au 17 de la même rue de Beaujolais, sous les arcades voisines de son immeuble.
  • La place Colette, devant la Comédie-Française, ancienne portion de la rue Saint-Honoré baptisée par un arrêté du 19 février 1966.
  • Le Moulin Rouge, 82 boulevard de Clichy, où le scandale de 1907 a précédé la création de l’opérette Claudine, le 14 novembre 1910.
  • Sa tombe au Père-Lachaise, division 4, qu’elle partage avec sa fille : granit rose et marbre noir, dessinés par Jean-Charles Moreux.

Le saviez-vous ?

En 1932, l’année du portrait qui illustre cet article, Colette a ouvert une boutique de produits de beauté : le 1er juin, au 6 rue de Miromesnil, dans le 8e. Elle vit alors à l’hôtel Claridge, et la romancière se fait, pour un temps, marchande de beauté. Vingt et un ans plus tard, le 3 mars 1953, elle devient grand-officier de la Légion d’honneur, la deuxième femme à recevoir cette dignité après la maréchale Lyautey.

Deux légendes courent encore. On la dit « première femme de l’académie Goncourt » : elle est la deuxième à y siéger, et la première à la présider. On la dit aussi installée au Palais-Royal de 1926 à sa mort : entre décembre 1930 et janvier 1938, elle habitait sur les Champs-Élysées.

Où habitait Colette au Palais-Royal ?

Au 9 rue de Beaujolais, dans le 1er arrondissement : à l’entresol de 1926 à 1930, puis au premier étage, côté jardin, de janvier 1938 à sa mort, le 3 août 1954. Une plaque sur la façade et une autre dans le jardin rappellent sa présence.

Où est enterrée Colette ?

Au cimetière du Père-Lachaise, division 4, avec sa fille, Colette de Jouvenel. La tombe de granit rose et de marbre noir a été dessinée par l’architecte Jean-Charles Moreux.

Pourquoi Colette n’a-t-elle pas eu d’obsèques religieuses ?

L’Église les a refusées, au motif officiel de ses deux divorces, alors qu’elle ne les avait pas demandées. L’État lui a offert le 7 août 1954 des funérailles nationales dans la cour d’honneur du Palais-Royal.

Mon carnet de voyage
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